Elections en Bolivie: Evo Morales donné largement favori
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Elections en BolivieEvo Morales donné largement favori

Les Boliviens ont commencé à voter dimanche pour des élections générales dont le président socialiste, l'indien Evo Morales, est largement favori.

Le président socialiste de Bolivie Evo Morales est largement favori pour une réélection dès le premier tour des élections générales de dimanche. Ce scrutin devrait lui permettre de poursuivre sa politique de réformes en faveur des amérindiens.

Selon les sondages, quelque cinq millions d'électeurs entendaient reconduire pour cinq ans le premier chef d'Etat amérindien de la Bolivie en 184 ans d'indépendance, un des piliers du front de la gauche radicale d'Amérique latine.

Le chef de l'Etat a voté dans une école de Villa Tunari, dans la région de Chapare (centre), sa base politique. Il a refusé de «chanter victoire», malgré les sondages qui le donnent vainqueur au premier tour, avec 52-54% des voix.

Troisième mandat?

Morales a toutefois laissé planer la possibilité d'un troisième mandat après 2015. Les élections, a-t-il déclaré à des journalistes, se déroulent sur la base de la nouvelle Constitution, adoptée en janvier 2009. Laquelle prévoit la possibilité de deux mandats consécutifs.

Son principal rival de droite, Manfred Reyes Villa, ancien militaire et ex-gouverneur provincial de Cochabamba, est crédité de 19-21% des suffrages. Et l'entrepreneur Samuel Doria Medina, ancien ministre de centre-droit, de 9-10%.

Les élections se sont déroulées dans un climat de «tranquillité et de paix», selon une évaluation préliminaire de la mission d'observateurs de l'Union européenne (UE). Des accrocs adminitratifs «mineurs» ont eu lieu dans environ 15% des bureaux de vote. Les résultats officiels définitifs ne devraient être pas connus avant mardi, selon la Cour électorale.

Majorité espérée au Sénat

Faute de suspense à la présidentielle, l'enjeu du scrutin devrait être le contrôle jusqu'en 2015 du Sénat, la Chambre haute du Parlement, jusqu'à présent tenue par l'opposition.

Le Mouvement vers le Socialisme (MAS), le parti présidentiel, y vise une majorité des deux tiers pour mettre en oeuvre sans entrave la nouvelle Constitution. Ce texte accorde une place centrale à l'Etat, aux droits indigènes et à la décentralisation.

Cette possible hégémonie inquiète l'opposition, qui craint des dérives anti-démocratiques, dans la lignée du Venezuela d'Hugo Chavez, allié socialiste, bailleur de fonds et mentor d'Evo Morales.

Apprécié par les démunis

Evo Morales, un amérindien aymara âgé de 50 ans, entend poursuivre sa «refondation» socialiste et pro-indigène du pays, servie par une industrialisation de ses ressources gazières et minérales, comme le lithium, avec l'appui d'investisseurs étrangers «partenaires, pas propriétaires».

Le président, sa rhétorique anti-libérale et ses alliances (Venezuela, Iran), restent éminemment suspects aux yeux de l'Occident. Tout comme la progression du trafic de drogue en Bolivie, troisième producteur mondial de cocaïne.

Mais la majorité pauvre et indienne du pays (60% de la population) s'identifient au parcours de cet ancien cultivateur de coca et leader syndical né dans la misère. Et sa politique envers les démunis porte sa légitimité.

Hydrocarbures

Plus de 55'000 militaires et policiers ont été déployés pour le scrutin, supervisé par 230 observateurs de l'Organisation des Etats Américains et de l'UE. La campagne a été marquée par l'apaisement, après deux années de violentes tensions politiques autour d'une fronde autonomiste dans l'Est.

Comme de coutume en Bolivie, vente et consommation d'alcool ont été interdites 48 heures avant le scrutin et les déplacements en véhicule restreints.

La Bolivie est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), bloc antilibéral fondé par le Venezuela et Cuba en 2004. Endettée, dépendante de l'aide extérieure - celle du Venezuela notamment - elle est l'un des pays les plus pauvres du continent, avec un PIB de 1363 dollars annuels par tête.

Mais dopée par les revenus du secteur des hydrocarbures, nationalisé en 2006-2007, elle a tenu le choc sous la crise. Son économie devrait finir 2009 avec une croissance de 3,2%, la plus forte d'Amérique latine. (ats)

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