Attentats du 13-Novembre: Examen des complicités à Bruxelles avant un procès
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Attentats du 13-NovembreExamen des complicités à Bruxelles avant un procès

La justice belge doit décider mardi qui, parmi 20 inculpés, devra comparaître devant le tribunal correctionnel pour «participation aux activités d’un groupe terroriste».

Image d’illustration.

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La justice belge examine mardi les charges pesant sur vingt complices présumés des commandos djihadistes auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, avant un procès qui pourrait se tenir en fin d’année à Bruxelles. Il s’agit des suspects non retenus dans la procédure judiciaire française, qui doit donner lieu à un procès à Paris à compter du 8 septembre 2021 pour environ six mois.

La chambre du conseil de Bruxelles, siégeant à huis clos, doit apprécier quels sont parmi ces 20 inculpés --17 hommes et trois femmes-- ceux qui devront comparaître devant le tribunal correctionnel pour «participation aux activités d’un groupe terroriste».

D’après une source proche du dossier, ils pourraient n’être in fine qu’«une douzaine» car le parquet fédéral a demandé plusieurs non-lieux et qu’au moins deux suspects fassent l’objet d’un procès distinct pour des infractions jugées secondaires (possession d’armes, faux en écritures).

Les attentats du 13-Novembre, revendiqués par l’organisation État islamique (EI) et qui ont fait 130 morts à Paris et dans la localité voisine de Saint-Denis, ont été en grande partie préparés depuis la Belgique.

Aide matérielle

Le dossier d’instruction belge, baptisé «Paris Bis» par le parquet fédéral, porte sur l’aide matérielle apportée à des degrés divers aux assaillants passés par Bruxelles, y compris à Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos, dont la cavale a duré quatre mois jusqu’à son arrestation dans la capitale belge.

Parmi les suspects figure Abid Aberkane, un cousin du djihadiste incarcéré en France, soupçonné de l’avoir hébergé au domicile de sa mère les deux derniers jours avant son arrestation, le 18 mars 2016 dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

Les autres gravitaient autour des frères El Bakraoui --deux des kamikazes morts dans les attentats de Bruxelles perpétrés par la même cellule djihadiste franco-belge (32 morts le 22 mars 2016)-- ou de Mohamed Abrini, «l’homme au chapeau» qui a renoncé à se faire exploser ce jour-là à l’aéroport de Zaventem. Un frère d’Abrini est cité dans le dossier «Paris Bis», où l’on retrouve aussi plusieurs inculpés de l’enquête «22 mars» dont Smaïl Farisi, autre hébergeur présumé de djihadistes à Bruxelles.

Deux djihadistes probablement morts

Pour le parquet fédéral, si les inculpés n’ont pas eux-mêmes participé à la préparation de l’attaque du 13-Novembre --la plus meurtrière menée en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale--, au moins la moitié d’entre eux avaient conscience d’aider un groupe terroriste.

«Il peut s’agir d’avoir caché, après les attentats, l’un des auteurs présumés ou d’avoir véhiculé, vers l’aéroport, un terroriste en partance vers la Syrie pour rejoindre l’État islamique», a souligné le parquet dans un communiqué.

Parmi ces suspects susceptibles d’être jugés, l’accusation recense encore les djihadistes belges Sammy Djedou et Youssef Bazarouj, faute de preuve formelle de leur décès en Syrie. La mort du premier, un Belge né de père ivoirien, avait été annoncée en décembre 2016 par le département américain de la Défense. Il avait été tué par une frappe de la coalition internationale avec deux autres cadres de l’EI dont le Français Walid Hamman.

Quant à Bazarouj, il était proche d’Abdeslam et a fait partie de premiers combattants belges partis rejoindre les rangs de l’EI en Syrie dès 2014. Il a récemment été jugé par défaut dans un autre dossier terroriste à Bruxelles car il reste introuvable depuis la chute du califat en 2019. Selon le quotidien La Libre Belgique, il aurait été tué tout comme deux de ses frères l’ayant rejoint en Syrie.

Après l’audience, qui se tient à l’ancien siège de l’Otan reconverti en bâtiment de justice utra-sécurisé, la chambre du conseil devrait mettre sa décision en délibéré. Le procès en lui-même n’est pas attendu avant septembre. Il pourrait se tenir au même moment que celui prévu à Paris puisque les protagonistes ne sont pas les mêmes.

(AFP)

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