Examens médicaux «satisfaisants» pour l'ex-otage
Actualisé

Examens médicaux «satisfaisants» pour l'ex-otage

Ingrid Betancourt a subi samedi à Paris une série d'examens médicaux destinés à évaluer son état de santé après six ans et demi de captivité dans la jungle colombienne.

Les résultats de ces tests sont «satisfaisants», selon sa soeur.

«Les résultats sont satisfaisants. Il y aura des examens complémentaires. Il y a certains points en observation, mais rien d'alarmant», a déclaré Astrid Betancourt à l'AFP. «Elle doit se reposer, à cause de la fatigue accumulée», a-t-elle ajouté.

La sénatrice franco-colombienne a quitté en fin d'après-midi l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, où elle a passé notamment des tests sanguins.

L'ex-otage, libérée mercredi avec quatorze autres otages lors d'une opération de l'armée colombienne, avait déjà été brièvement examinée à Bogota par le médecin en chef de la présidence française, Christophe Fernandez. Le médecin avait conclu à un résultat «plutôt rassurant», sans toutefois exclure une possible hospitalisation.

Danger de mort

Ingrid Betancourt souhaitait effectuer un bilan de santé complet avant d'envisager éventuellement un retour à l'activité politique en Colombie. «C'est très important pour moi de faire un check-up. J'ai envie de commencer une vie nouvelle, c'est un bon moment pour renouveler tout ce qu'on peut renouveler au niveau de la santé», a-t-elle confié vendredi.

Une vidéo tournée l'automne dernier la montrait extrêmement amaigrie et prostrée et ses proches la disaient alors en danger de mort. Des maladies comme une hépatite B, une amibiase ou encore une leishmaniose avaient alors été évoquées.

Après sa libération, Ingrid Betancourt est toutefois apparue fatiguée mais en bonne forme. Elle a multiplié les interviews, les conférences de presse, les interventions officielles, tout en affichant un sourire radieux.

Soutien d'un autre otage

L'ancienne otage a expliqué avoir reçu ces derniers mois l'aide et les conseils d'un caporal de l'armée colombienne, William Perez, lui aussi otage, qui avait des notions de médecine et qui a contribué à son rétablissement spectaculaire.

M. Perez, qui a lui aussi été libéré mercredi, a de son côté raconté qu'il avait «dû lui administrer beaucoup de sérum, la nourrir avec soin car elle ne pouvait plus rien avaler et elle vomissait tout ce qu'elle ingurgitait».

«Elle a été très malade. Les preuves de vie que vous avez vues et qui ont scandalisé le monde, dataient pourtant d'un moment où sa santé s'améliorait. Pouvez-vous imaginer dans quel état elle était ?», a-t-il interrogé.

Outre les séquelles physiques, des experts mettent en garde contre de possibles traumatismes psychologiques liés à des années d'humiliations et d'espoirs déçus.

Représailles déjouées

En Colombie, l'armée a découvert une tonne d'explosifs qui auraient dû être utilisés pour commettre des attentats à Bogota en représailles à l'opération de sauvetage d'Ingrid Betancourt, a-t-on appris samedi de source militaire.

Le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a de son côté indiqué samedi que l'opération avait été avancée de dix jours par les autorités colombiennes par craintes de fuites.

La Radio suisse romande (RSR) avait affirmé vendredi que des membres des FARC avaient touché quelque 20 millions de dollars pour libérer les otages, et que l'opération de libération était «une mise en scène».

Bogota a démenti avoir versé «le moindre centime» pour obtenir la libération des otages. Pour prouver la véracité de la version officielle, les autorités colombiennes ont diffusé des extraits d'une vidéo réalisée par un membre des commandos spéciaux de l'armée colombienne lors de cette opération.

(ats)

Ton opinion