Actualisé 10.04.2020 à 07:48

Université de Lausanne

Exas maintenus: étudiants de première année outrés

Comme à Genève et à Neuchâtel, l'université de Lausanne tient à organiser ses sessions d'examens. Mais une mesure reste en travers de la gorge de certains.

de
Yannick Weber
A cause du coronavirus, les sessions d'examens sont chamboulées.

A cause du coronavirus, les sessions d'examens sont chamboulées.

Keystone

Quand le vice-recteur de l'Université de Lausanne (Unil), Giorgio Zanetti, a dévoilé les modalités des prochains examens dans une vidéo postée mercredi sur les réseaux sociaux, certains ont cru à un poisson d'avril. Il y expliquait que les épreuves seront bel et bien organisées et, mesure généreuse, que les échecs ne seront pas comptabilisés. Le hic: «Cette disposition ne pourra pas s'appliquer aux étudiants de la première année de bachelor, ceci afin de préserver la qualité et la validité de vos enseignements», a-t-il prévenu.

Nombre de ces étudiants, outrés, y sont alors allés de leurs commentaires, dénonçant une inégalité de traitement. Une pétition en ligne a même été lancée, récoltant rapidement plus de 1000 signatures, pour demander à l'institution de renoncer à cette mesure. «L'année propédeutique est l'année d'adaptation au monde universitaire, à ses difficultés et à son rythme. Il s'agit de l'une des plus compliquées du cursus et qui affiche le plus grand taux d'échec. La vulnérabilité des étudiants en première année est donc plus grande et nous ne comprenons pas ce régime d'exception défavorable», dénonce le texte de la pétition.

Genève et Neuchâtel: chacun sa politique

Certains ont également mis en exergue que l'Uni de Genève, qui a pris des mesures quasi similaires, ne comptabilisera les échecs pour personne, étudiants de première année inclus, sauf peut-être pour «le cas particulier des concours, notamment pour les étudiants de première année de médecine», dont le sort est encore «à l'étude». Idem à l'Uni de Neuchâtel, même si les étudiants en médecine et en pharmacie n'y sont pas non plus certains car ils n'y étudient que la première année, avant de poursuivre leur cursus à Lausanne ou à Genève. Pour eux, l'Uni doit encore «analyser si le mécanisme peut aussi s'appliquer», explique le secrétaire général, Fabian Greub. Pour tous les autres, les échecs seront passés sous le tapis.

Mais à Lausanne, on tient le cap. Face aux réactions, l'Unil a voulu préciser ses raisons, dans une communication envoyée jeudi aux étudiants. Elle relève que, en première année et selon les facultés, le taux de réussite oscille entre 40 et 70%. «Cette difficulté est l'une des réalités qui caractérisent nos bachelors», dit-elle.

Octroyer une chance supplémentaire amoindrirait la valeur du cursus, selon l'institution. Qui ajoute, de façon plus pragmatique, que permettre à ceux qui échouent de retenter l'année suivante, en plus de tous les nouveaux étudiants qui débuteront, créerait une surpopulation qui, au final, serait nuisible à tous.

En faveur des étudiants

Au vu des circonstances (fermeture des locaux des universités et enseignement à distance), Lausanne, Genève et Neuchâtel ont déjà annoncé vouloir maintenir les examens, au prix de nombreuses adaptations qui devront être précisées par chacune des facultés sous peu. Des oraux pourront se transformer en écrits ou se faire par vidéoconférence. Les étudiants pourront ne pas se présenter aux examens et prolonger leurs études sans pénalité, tout en conservant les crédits déjà acquis lors de cette année académique. Enfin, les circonstances individuelles (garde d'enfants pendant le confinement, protection civile, situations financières etc.) seront aussi prises en compte par les facultés.

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