Actualisé 21.09.2017 à 11:47

Aide au suicideExit fustige le canton de Neuchâtel

Le président de l'association se défend contre une initiative neuchâteloise qui veut entraver l'aide au suicide.

Jérôme Sobel, président d'Exit Suisse romande.

Jérôme Sobel, président d'Exit Suisse romande.

Keystone

Le canton de Neuchâtel a demandé en mars au Parlement fédéral de se pencher sur les bases légales de l'assistance au suicide. L'initiative «restreint la liberté individuelle», critique le président d'Exit Suisse romande, interrogé par 24 heures/La Tribune de Genève.

«Des collectifs, dont Exit, se battent depuis des années pour que chacun puisse décider de sa mort sans tutelle médicale» et «aujourd'hui, des personnes veulent bloquer ce processus», déplore Jérôme Sobel dans une interview parue jeudi. «Elles n'ont pas compris que notre société a changé, que le paradigme judéo-chrétien n'est plus la règle unique, que les gens gèrent seuls leur vie.»

C'est le député vert Laurent Kaufmann qui avait soumis le texte de l'initiative au Grand Conseil neuchâtelois, et le plénum l'avait accepté par 66 voix contre 36. Il s'inquiète notamment du fait qu'Exit puisse fixer ses propres règles et ait récemment ouvert le suicide assisté à des personnes qui ne sont pas en fin de vie.

«Si nous prenons en charge des aînés» souffrant de pathologies invalidantes multiples, «c'est parce que nos membres, dont un tiers a plus de 75 ans, l'ont demandé», justifie M. Sobel. «Nous parlons ici de gens dans l'hiver de leur vie. Leurs souffrances physiques ou psychiques sont très importantes. Je n'entrerais par exemple jamais en matière sur la requête d'un jeune qui a une peine de coeur.»

Pas de «catalogue de cas»

L'initiative neuchâteloise veut préciser le cadre dans lequel travaillent les organisations comme Exit ou Dignitas. Or «nous voulons éviter un catalogue des cas dans lesquels notre intervention serait possible», car «des situations ne seraient pas prises en compte», note le président d'Exit Suisse romande. «Je ne suis pas contre la discussion, mais il faut nous laisser une marge de manoeuvre.»

Pour M. Sobel, le système actuel fournit un bon équilibre. «Si nous poussions le bouchon trop loin, non seulement nous serions sanctionnés par les tribunaux, mais nous n'aurions plus le soutien populaire», assure-t-il. Et d'ajouter qu'Exit Suisse romande reçoit toujours plus de demandes d'accompagnement et de membres. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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