Actualisé 15.06.2020 à 14:54

France«Expéditions punitives»: des Tchétchènes sèment le chaos

Des violences inédites ont secoué la ville de Dijon ce week-end. Une centaine de gendarmes devaient être déployés lundi soir.

de
afp

Les autorités françaises ont dépêché lundi une centaine de gendarmes à Dijon (est) en renfort, après des violences inédites provoquées par des dizaines de Tchétchènes qui ont mené trois «expéditions punitives» pendant le week-end. La préfecture a indiqué que 110 gendarmes mobiles allaient être déployés lundi soir, en appui d'une quarantaine de policiers déjà sur place depuis dimanche.

«Des renforts arriveront ce soir (lundi), une ou deux compagnies, afin de sécuriser et rassurer», a confirmé le maire socialiste sortant, François Rebsamen, après un appel téléphonique avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. «Ces faits sont inacceptables et totalement inédits», a ajouté le maire.

L'élu a lui-même constaté, dans la nuit de vendredi à samedi alors qu'il rentrait chez lui, qu'une centaine de personnes, certaines armées de battes de baseball et encagoulées, avaient fait irruption place de la République, en plein centre-ville. Selon des sources policières, cette «expédition punitive» aurait été lancée à la suite de l'agression, le 10 juin, d'un adolescent issu de la communauté tchétchène.

«Venger un jeune de 16 ans»

Dans un communiqué, le préfet Bernard Schmeltz a évoqué des «violences» perpétrées, «semble-t-il dans le cadre d'un règlement de comptes entre des membres de la communauté tchétchène de France et des résidents» de la métropole dijonnaise. Une cinquantaine de Tchétchènes, selon la police, sont revenus dans la nuit de samedi à dimanche à Dijon, dans un quartier sensible où le gérant d'une pizzeria a été grièvement blessé par balles.

Une troisième expédition a encore mobilisé, dans la nuit de dimanche à lundi, 200 Tchétchènes, dans le même quartier, selon une source policière.

Dans une interview au quotidien local «Le Bien Public», un homme se présentant comme un Tchétchène et disant avoir participé à l'opération a confirmé qu'elle visait à venger un «jeune de 16 ans», membre de la communauté tchétchène, qui aurait été «agressé» par des dealers. «Nous étions une centaine (dans la nuit de vendredi à samedi, ndlr), venus de toute la France, mais aussi de Belgique et d'Allemagne (...) Nous n'avons jamais eu l'intention de saccager la ville ni de nous en prendre à la population», a ajouté cet homme.

Six blessés

Selon le procureur de Dijon, Eric Mathais, six personnes ont été blessées au cours de ces trois nuits d'incidents. Une enquête a été ouverte, «en particulier pour tentative de meurtre en bande organisée, dégradations, incitation à la violence», a-t-il ajouté.

Le nombre précis de Tchétchènes résidant en France est impossible à déterminer car ils se fondent dans l'ensemble des ressortissants de nationalité russe. Très mobiles, ils sont pour beaucoup regroupés à Paris, autour de Nice (côte d'Azur), et dans l'est de la France.Les autorités françaises ont dépêché lundi une centaine de gendarmes à Dijon (est) en renfort, après des violences inédites provoquées par des dizaines de Tchétchènes qui ont mené trois «expéditions punitives» pendant le week-end, selon la police.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!