Actualisé 27.12.2006 à 14:54

Explosion d'un oléoduc au Nigéria: près de 300 morts

Le bilan ne cesse de s'alourdir au Nigéria après l'explosion d'un oléoduc. Il y a près de 300 morts.

La catastrophe a fait «au moins 269 morts», selon la Croix-Rouge nigériane, qui estime que le bilan risque encore de s'alourdir.

«A 18h00 hier, nous avons compté 269 cadavres, un par un», a expliqué mercredi matin le secrétaire exécutif de la Croix-Rouge nigériane, Abiodun Orebiyi. Il a ajouté qu'un certain nombre de grands brûlés hospitalisés risquaient de ne pas survivre. Soixante- cinq brûlés, au total, ont été hospitalisés selon lui.

La Compagnie nationale pétrolière du Nigeria (NNPC) restait plus vague mercredi, estimant que le bilan se situait «entre 200 et 250 morts». Les victimes de l'incendie sont des «criminels» qui vandalisent les oléoducs pour voler le carburant et le revendre, a ajouté Levi Ajuonuma, porte-parole de la NNPC.

Vols «à grande échelle»

Des riverains d'Abule Egba, quartier du nord de la mégapole de Lagos où a eu lieu la catastrophe, ont confirmé que l'oléoduc a été perforé avant l'aube par des voleurs opérant «à grande échelle», qui siphonnaient le carburant dans des camions-citernes.

L'incendie, ont-ils expliqué, a éclaté plus tard dans la matinée, vers 8h00 locales, quand des habitants du quartier sont arrivés avec des jerrycans et autres récipients pour récupérer des petites quantités de carburant.

Auteurs recherchés

La police recherche les voleurs responsables du sinistre, a indiqué M. Ajuonuma.

«Nos agents de sécurité ont reçu des instructions pour protéger les oléoducs et autres infrastructures publiques des vandales et des criminels qui volent le carburant pour le revendre», a-t-il encore déclaré, recommandant à la population de ne pas acheter de carburant aux revendeurs des bords de routes.

Désinfection

Mercredi matin, sur les lieux du drame, les corps carbonisés avaient été enlevés, mais le sol était encore jonchés de débris humains. Selon un responsable local de la santé, les opérations de désinfection ont commencé mardi soir. «Notre préoccupation est d'éviter l'apparition d'une épidémie», a expliqué Ayo Alaba-George.

La Croix-Rouge nigériane recherche de son côté des survivants brûlés pour les convaincre de se laisser soigner, estimant qu'ils sont nombreux à rester cachés par peur d'être arrêtés et poursuivis en justice.

Vandalisme fréquent

Le vandalisme sur les oléoducs est fréquent au Nigeria, notamment en cas de pénurie de carburant comme c'est actuellement le cas à Lagos. Pour la seule année 2005, la NNPC estimait à plus de 650 000 tonnes le volume de pétrole détourné durant ces incidents. (ats)

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