Indonésie: Attaque d’une cathédrale: un kamikaze proche de l’EI
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IndonésieAttaque d’une cathédrale: un kamikaze proche de l’EI

Une vingtaine de personnes ont été blessées dimanche à la suite d’un attentat suicide contre un édifice religieux indonésien, juste après la messe des Rameaux.

«L’explosion s’est produite au principal portail de l’église», a déclaré le porte-parole de la police nationale.

«L’explosion s’est produite au principal portail de l’église», a déclaré le porte-parole de la police nationale.

AFP

Au moins 20 personnes ont été blessées dimanche dans un attentat suicide qui a visé la cathédrale de Makassar, dans l’est de l’Indonésie, après la messe des Rameaux, célébration qui marque pour les Chrétiens le début de la Semaine sainte. Les deux assaillants qui ont mené l’attaque ont été tués, a précisé le ministre coordinateur de la Sécurité Mahfud MD.

L’un des deux kamikazes faisait partie d’un mouvement radical qui soutient le groupe État islamique, déjà responsable d’attaques contre des églises dans le pays et aux Philippines, a annoncé la police. «Il fait partie du JAD», a déclaré aux journalistes le chef de la police nationale, Listyo Sigit Prabowo, en référence au groupe Jamaah Ansharut Daulah. «Ce groupe fait également partie ou est lié à celui qui a mené une opération à Jolo aux Philippines» en 2019, a-t-il ajouté.

«Attentat suicide»

L’extérieur de l’édifice du sud de l’île de Célèbes était jonché de morceaux de corps humains à la suite de cette puissante déflagration qui s’est produite vers 10h30 (05h30 en Suisse). Le président indonésien Joko Widodo a condamné fortement cet acte terroriste. «Le terrorisme est un crime contre l’humanité. J’appelle tout le monde à se battre contre le terrorisme et le radicalisme, qui sont contraires aux valeurs religieuses», a déclaré le chef de l’État.

Au moins 20 personnes ont été blessées, a indiqué la police, sans donner de précisions sur leur état de santé. Parlant d’un «attentat suicide», les autorités ont indiqué que les deux assaillants avaient perdu la vie lors de cette attaque.

«Deux personnes circulaient à moto quand l’explosion s’est produite au principal portail de l’église, les assaillants tentaient d’entrer dans le périmètre de l’église», a déclaré le porte-parole de la police nationale Argo Yuwono. «Il y a beaucoup de lambeaux de corps humains près de l’église et aussi dans la rue», a déclaré de son côté Mohammad Ramdhan, le maire de cette ville portuaire de 1,5 million d’habitants.

Une explosion «très forte»

Un témoin a, de son côté, parlé d’une explosion «très forte». «Il y avait plusieurs personnes blessées dans la rue. J’ai aidé une femme qui était blessée et couverte de sang», a déclaré un autre témoin. «Son petit-enfant était également blessé.»

La police a affirmé qu’un agent de sécurité avait tenté d’empêcher la moto d’entrer dans le périmètre de la cathédrale du Sacré-Coeur-de-Jésus, siège de l’archidiocèse de Makassar juste avant la déflagration, qui est intervenue après la fin de la messe.

Nombreux véhicules endommagés

Le dimanche des Rameaux marque l’entrée de Jésus Christ dans Jérusalem, selon la tradition chrétienne, au début de la Semaine sainte conduisant à Pâques. «Nous avions terminé la messe et les gens rentraient chez eux quand cela s’est produit», a déclaré aux journalistes le prêtre Wilhelmus Tulak.

Le pape François a dit prier pour toutes les victimes de violence, «en particulier celles de l’attentat de ce matin en Indonésie devant la cathédrale de Makassar».

De nombreux véhicules étaient endommagés près du complexe de la cathédrale, autour duquel la police établissait un cordon de sécurité, selon un photographe de l’AFP sur place.

Tensions religieuses

Les églises ont, par le passé, été la cible d’extrémistes en Indonésie, qui est le pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde.

En mai 2018, une famille de six personnes, dont deux filles de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, avait déclenché des bombes contre trois églises de Surabaya, la deuxième ville du pays, tuant plus d’une dizaine de fidèles. Le même jour, une deuxième famille a détonné, apparemment par accident, une bombe dans un appartement et le jour suivant une troisième a commis une attaque suicide contre un poste de police.

Ces attentats, qui avaient fait au total 15 victimes et 13 morts chez les assaillants, dont cinq enfants, avaient été les plus meurtriers en plus d’une décennie dans l’archipel. Les trois familles radicalisées étaient liées au mouvement radical Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient le groupe État islamique (EI). Et les attaques avaient été revendiquées par l’EI.

La tradition de tolérance de l’Indonésie a été mise à l’épreuve ces dernières années par un développement des courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, et les minorités religieuses, chrétiennes mais aussi bouddhistes et hindoues s’inquiètent pour la coexistence religieuse. Plus de 200 personnes avaient péri en 2002 dans des attentats sur l’île de Bali, qui ont été attribués à l’organisation islamiste indonésienne Jemaah Islamiyah (JI).

(AFP)

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