07.04.2020 à 13:49

Bulle (FR)Explosions de 2013: les accusés ont été acquittés

Un cadre de Gruyère Energie SA et son prédécesseur étaient soupçonnés notamment d'incendie par négligence. La juge leur a accordé le bénéfice du doute.

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Un court-circuit avait provoqué une série d'incendies et explosions, à Bulle, en 2013.

Un court-circuit avait provoqué une série d'incendies et explosions, à Bulle, en 2013.

Leser-Reporter

Malgré une très longue procédure, différentes expertises, et plusieurs jours de débats, mi-février, devant le Tribunal de la Gruyère, les faits du 30 novembre 2013 n'ont pas pu être établis avec certitude. C'est ce qu'il ressort du jugement rendu vendredi, dans le cadre du procès pour incendie par négligence, explosion par négligence et entrave aux services d'intérêt général par négligence. La juge de police a dès lors décidé d'accorder aux accusés, un cadre de Gruyère Energie SA (GESA) et son prédécesseur, le bénéfice du doute.

Tous deux ont été acquittés et ils percevront chacun 100'000 francs pour les dépenses occasionnées par la procédure, 3000 francs d'indemnité pour le dommage économique subi et 3000 francs de tort moral. Cela étant, ils ne sont pas encore totalement sortis d'affaire. La juge a renvoyé l'ECAB à agir par la voie civile, concernant ses prétentions économiques. A noter que si, dans un premier temps, on leur réclamait 75 millions de francs, la plupart des demandeurs se sont retirés.

Pas de certitude concernant les batteries

Pour rendre son verdict, la juge a considéré qu'il n'avait pas été démontré que les batteries, dont les accusés avaient la responsabilité, n'avaient pas «une capacité résiduelle suffisante pour fonctionner correctement et, partant, si elles sont la cause de la défaillance du poste de Bulle-gare», peut-on lire dans le jugement. De plus, elle relève qu'il n'a pas été possible de «déterminer avec certitude la cause du défaut initial, sur le site d'UCB Farchim» qui est à l'origine des explosions et incendies qui avaient secoué Bulle et laissé une partie de la ville sans électricité durant plusieurs heures.

Pour mémoire, c'est lors du raccordement de l'alimentation électrique de l'usine pharmaceutique, alors en construction, qu'un court-circuit s'était produit. Ce dernier s'est ensuite répercuté en cascade sur plusieurs installations de GESA, sans que les systèmes de sécurité n'interviennent. Le Ministère public a considéré que la vétusté des batteries les alimentant, elles étaient proches de l'âge limite indiqué par le fabricant, étaient en cause et que les protocoles de contrôle mis en place par les accusés étaient insuffisants. Mais d'autres théories peuvent aussi expliquer la défaillance, par exemple un arc électrique.

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