Lausanne (VD): Expulsée de Suisse malgré son adoption
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Lausanne (VD)Expulsée de Suisse malgré son adoption

Une Camerounaise au passé douloureux est sous le coup d'un renvoi. La jeune fille vient pourtant d'entamer son apprentissage.

par
Joël Espi
La jeune femme a désormais sa vie à Lausanne.

La jeune femme a désormais sa vie à Lausanne.

«C'est dur, mais il existe encore les recours». Sarah*, une Camérounaise de 19 ans, garde un mince espoir de rester en Suisse. Déboutée en mai par le Tribunal fédéral, la jeune femme arrivée en Suisse en 2006 va tenter sa chance auprès de la Cour européenne des droits de l'homme.

Fuir à tout prix

Car pour rien au monde Sarah ne retournerait au Cameroun. «Mon oncle m'a violée quand j'avais 12 ans. Quelques mois avant, ma soeur jumelle est morte de façon inexpliquée», raconte l'adolescente un peu réservée. Pour lui permettre de se sortir de cette mauvaise passe, sa grand-mère, en Suisse depuis 1999 et naturalisée en 2008, lui a proposé de l'accueillir et de l'adopter. Malheureusement, elle a choisi la mauvaise procédure (voir encadré).

Un apprentissage qui se passe bien

Sarah a terminé l'école et s'est perfectionnée dans le médical à Morges, où elle a reçu son certificat avec mention. Elle a été engagée au CHUV comme apprentie en 2012. À la fin de l'année, son adoption est validée. Mais, quelque temps plus tard, elle a reçu une décision de renvoi du Service de la population. Malgré ses recours, le CHUV doit mettre fin à son contrat pour le 31 juillet. La date de son départ est fixée au 16 août.

Soutenue par son employeur

«Je ne comprends pas pourquoi ils ne me laissent pas terminer mon apprentissage!», déclare Sarah. Un avis que rejoint l'hôpital cantonal. «Nous allons encore écrire au Service de la population, avec lequel nous avons un bon contact», explique le porte-parole du CHUV.

*Prénom d'emprunt

L’adoption simple est une procédure qui n’existe pas en Suisse. Possible à l’étranger, cette démarche ne transfert pas tous les droits parentaux à celui ou celle qui adopte un enfant né dans un autre pays. «Le nom et la nationalité de l’enfant ne changent pas. Il n’y pas non plus de droit au regroupement familial», explique le Service de la population. Celui-ci a ainsi respecté la législation.

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