Ethiopie  – Expulsés d’Arabie, des Tigréens sont emprisonnés et violentés
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Éthiopie Expulsés d’Arabie, des Tigréens sont emprisonnés et violentés

L'ONG Human Rights Watch alerte mercredi, sur le sort de milliers d'Éthiopiens originaires de la région du Tigré, qui ont été détenus illégalement à leur retour après leur expulsion par Riyad.

La région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, est le théâtre d’un conflit entre le gouvernement et des rebelles depuis novembre 2020 (image d’archives). 

La région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, est le théâtre d’un conflit entre le gouvernement et des rebelles depuis novembre 2020 (image d’archives).

REUTERS

Des milliers d’Éthiopiens originaires de la région en guerre du Tigré ont été illégalement emprisonnés et violentés à leur retour en Éthiopie, après avoir été expulsés d’Arabie saoudite, affirme l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mercredi. Ces Tigréens faisaient partie des dizaines de milliers d’immigrants éthiopiens à la recherche d’un emploi expulsés depuis un an par l’Arabie saoudite.

Ce profilage ethnique au sein de ces migrants expulsés et ces mauvais traitements ont eu lieu alors que le Tigré, une région au nord de l'Éthiopie, est le théâtre depuis novembre 2020 d’un conflit armé entre le gouvernement fédéral et les rebelles issus des anciennes autorités régionales. HRW a interviewé des Tigréens expulsés d’Arabie saoudite entre décembre 2020 et septembre 2021, période au cours de laquelle des dizaines de milliers de migrants ont été renvoyés en Éthiopie, dans le cadre d’un accord entre les deux pays.

Détenus illégalement

A leur arrivée, des Tigréens été isolés et détenus, affirme l’organisation de défense des droits, d’autres ont été empêchés de retourner au Tigré après avoir été identifiés lors de contrôles routiers ou dans les aéroports, puis transférés dans des structures de détention. «Les autorités éthiopiennes persécutent les Tigréens expulsés d’Arabie saoudite en les détenant illégalement et en procédant à des disparitions forcées», déclare Nadia Hardman, chercheuse en charge des droits des réfugiés et des migrants à HRW.

Violentés

Certains de ces Tigréens ayant été détenus ont raconté avoir subi des violences et d’autres avoir été accusés de collusion avec le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirigeait le Tigré avant la guerre et est désormais considéré comme un groupe terroriste. Deux d’entre eux ont dit à HRW avoir été emmenés par la police, avec d’autres hommes, dans des plantations de café, où ils ont dû travailler dans des conditions terribles, sans salaire et peu nourris. Beaucoup ont été empêchés de contacter leur famille et craignaient que leurs proches les croient toujours en Arabie saoudite.

Familles pas informées

«La détention par les autorités éthiopiennes de milliers de Tigréens expulsés par l’Arabie saoudite sans que leur famille ne soit informée de leur arrestation ou de leur localisation équivaut à de la disparition forcée, ce qui viole également les lois internationales», pointe HRW. Fin 2021, les États-Unis et leurs alliés ont appelé l’Éthiopie à mettre fin aux détentions arbitraires de ses citoyens sur la base de considérations ethniques.

Milliers de morts

La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), organisme public indépendant, a elle même fait état d’arrestations de Tigréens à grande échelle. Le conflit au Tigré a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.

(AFP)

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