11.10.2020 à 07:54

SuisseExsangue, l’hôtellerie tire la langue

La situation économique de la branche ne cesse de se détériorer. Selon un récent sondage, quelque 142 hôtels, dont 12% des réceptifs genevois ou zurichois, risquent la faillite.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
En moyenne, 91 % des établissements hôteliers suisses s’attendent à des pertes au niveau de leur chiffre d’affaires au cours des prochains mois.

En moyenne, 91 % des établissements hôteliers suisses s’attendent à des pertes au niveau de leur chiffre d’affaires au cours des prochains mois.

Keystone

Les nuages continuent de s’amonceler au-dessus de la tête du secteur hôtelier. Après un sondage mené du 30 septembre au 4 octobre auprès de 411 établissements, HotellerieSuisse a poussé un nouveau cri de détresse dimanche. Malgré une forte augmentation du tourisme local cet été, due principalement aux restrictions des déplacements à l’étranger, pour 66% des établissements, la saison a été nettement plus mauvaise qu’en 2019. C’est particulièrement le cas dans l’Oberland bernois et en Valais, qui ont durement ressenti l’absence des touristes internationaux.

Ci-dessous les principaux enseignements de ce sondage.

Quelle mesures économiques pour garantir les liquidités?

Alors qu’ils étaient 55% en juin, aujourd’hui, 67% des établissements hôteliers comptent repousser les investissements qu’ils avaient déjà planifiés. La réduction de l’horaire de travail va toucher dans les six prochains mois pas loin de deux tiers (61%) des sondés. Cette proportion est de 78% dans l’hôtellerie urbaine. Plus inquiétant, 37% des sondés prévoient de licencier du personnel au cours des mois à venir. Un établissement sur cinq prévoit une fermeture temporaire, un sur quatre envisage de négocier une baisse de loyer.

Quel est le pourcentage de risque de faillite?

Le risque de probabilité de faillite a doublé. En juin, 3% des établissements hôteliers avaient fait état d’une probabilité de faillite de 60% ou plus, ils sont actuellement 6% à estimer un tel risque. La probabilité de faire faillite de 60% touche 12% des établissements de l’hôtellerie urbaine, notamment à Zurich et Genève. Pour 18% des hôtels urbains et 14% des établissements en zone rurale, le risque de faillite est de 41% à 50%. Ce risque n’est que de 4% dans les établissements alpins.

Quelles mesures économiques souhaitez-vous au cours des prochains mois?

Dans sa majorité (64%), la branche veut une harmonisation des règles relatives aux voyages dans l’espace Schengen ainsi que la reconnaissance des tests rapides du coronavirus (61%). Plus de la moitié des sondés estiment que le Conseil fédéral doit faire une communication positive par rapport à la saison d’hiver. Quelque 46% des sondés demandent l’annulation des remboursements de crédit COVID-19 en cas de rigueur et 42% un délai de remboursement plus long.

Baisser ou maintenir les prix pour la saison d’hiver?

Si la majorité des établissements (56%) compte maintenir le niveau de prix au cours de la prochaine saison d’hiver, ils sont quand même 39% à s’attendre à devoir baisser leurs tarifs. Cette tendance est beaucoup plus élevée au niveau des établissements urbains (63%) par rapport aux réceptifs alpins (21%). Les hôtels des grands centres urbains ont été particulièrement touchés par l’absence de la clientèle étrangère et l’effondrement du tourisme d’affaires.

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437 commentaires
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12.10.2020 à 11:01

Suite à une dispute avec mon ami et un gros coup de déprime, en juillet dernier j'ai voulu aller me changer les idées 2-3 jours dans un hôtel sympa dans la région des trois lacs, voire la Gruyère. J'ai regardé sur VD, NE, FR. Budget max 300CHF par nuit (ce qui est déjà énorme!), mais uniquement chambre avec balcon. J'ai regardé sur le net (je ne vais pas citer ici des sites portails que tout le monde connais très bien). Et bien, au final j'ai laissé tombé et je suis restée à la maison. Car il n'y avait rien de chez rien avec balcon. Peut-être que l'hôtellerie suisse devrait se remettre en question si elle veut attirer de nouveaux clients locaux. Car pour moins de 150CHF par nuit, en France ou en Italie, on trouve en tous temps des chambres très charmantes, modernes et propres, avec balcon en bord de mer. Mais les hôtel de luxe à Genève, n'en parlons même pas. Ils sont destinés uniquement à une riche clientèle internationale, et n'ont rien de bucolique. Alors je ne les plains pas.

Jean-Luc Lemoing

12.10.2020 à 09:10

Ce n'est que le juste retour des choses de ce "marché". "L'hostellerie Suisse et tout ce qui va avec...". Ils en avait plein la bouche, "l'hotellerie Suisse", leurs Ecoles Hotelières, on est les meilleurs etc... Beaucoup trop chère! Insupportable pour le Suisse moyen, les Européens, les pseudos touristes pigeons, leurs prix par personne... "Ils" l'on voulu, maintenant ils vont payer... De toutes les manières, même si les hôtels et restaurants font faillites, ils seront rachetés et ça recommencera, moins cher, j'espère! Excellent!

bob

12.10.2020 à 08:58

il est evident que si berset impose une quarantaine a route personne venant de la quasi totalite des etats peu de gens vont venir en suisse!