Actualisé 20.06.2017 à 14:09

Suisse

Extraire le phospore des boues coûte très cher

Berne oblige les stations d'épuration à retirer cet élément des boues. Mais l'opération est très onéreuse.

L'usine d'incinération de la SATOM à Monthey (VS)

L'usine d'incinération de la SATOM à Monthey (VS)

Keystone

Les boues d'épuration contiennent des métaux lourds, mais aussi des nutriments pour les plantes, comme du phosphore. Et dans une optique de gestion durable des déchets, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) souhaite récupérer cette substance des quelque 220'000 tonnes de boues traitées chaque année. Hic: c'est loin d'être simple pour les usines d'incinération et les stations d'épuration. Et le procédé coûte très cher, relève La Liberté, ce mardi. Qui parle de millions de francs de surcoût dans un article repris également sur le site neuchâtelois Arcinfo.ch

Berne a fixé un délai de 10 ans pour trouver un moyen de récupérer cet élément chimique. Et c'est le site de Werdhölzli, à Zurich, qui mène le projet de recherche le plus avancé en la matière via le projet Phso4life. Un bilan sera tiré en mars 2018, précise le quotidien fribourgeois.

Technologie inexistante

Gros problème: tout est à faire, car la technologie nécessaire n'existe pas encore sur le marché de l'épuration. Or, la méthode mise au point à Zurich est très onéreuse, explique le quotidien qui parle même de «grave handicap». Alors que le traitement habituel des boues coûte 100 francs la tonne environ, les surcoûts pour en extraire le phosphore le font renchérir à 170 francs, soit 70 francs de plus la tonne. Et le surplus n'est pas couvert par la vente du phosphore, précise La Liberté. Du coup, le canton et la ville de Zurich ont prévenu: le projet ne sera viable qu'avec un financement additionnel.

La méthode en tout cas ne convainc pas l'Association suisse des exploitants d'installations de traitement des déchets (ASED). Le phosphore obtenu sur le site de Werdhölzli est plus cher que celui produit à partir du minerai brut, constate son directeur Robin Quartier. Celui-ci estime qu'il serait absurde que chaque centre de traitement se dote d'une telle installation et qu'il serait préférable d'avoir un site unique en Suisse.

Pour des engrais ou pour du coca?

Selon une étude réalisée par l'OFEV, il serait possible de récupérer 90% du phosphore contenu dans les boues d'épuration et leurs cendres, ce qui correspond à 6000 tonnes de phosphore par an, écrivait-il en juin 2016. But: recycler le phosphore, afin qu'il puisse être utilisé pour la production d'engrais dans l'agriculture ou alors dans l'industrie.

Mais cette production a été écartée après évaluation en raison notamment de son inefficacité et du manque de marché en Suisse, expliquent La Liberté. Le quotidien évoque un débouché potentiellement plus rentable: la fabrication d'acide phosphorique, utilisé notamment dans la fabrication de sodas, comme le coca-cola.

(NewsXpress)

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