F1: Super Aguri annonce son retrait immédiat

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F1: Super Aguri annonce son retrait immédiat

L'écurie japonaise Super Aguri, qui connaît d'importantes difficultés financières, se retire de la Formule 1, a annoncé mardi son patron, Aguri Suzuki.

L'écurie japonaise, interdite au Grand Prix de Turquie, connaît depuis plusieurs mois d'importantes difficultés financières. Sa participation au championnat du monde 2008 était d'ailleurs très incertaine en début d'année.

«J'ai participé au Championnat depuis deux ans et quatre mois avec l'écurie Super Aguri mais je suis au regret de vous informer que l'équipe va cesser toutes ses activités à partir d'aujourd'hui, a expliqué M. Suzuki, cité dans un communiqué. Je voulais juste courir. C'est un club de piranhas et je ne veux plus y mettre les doigts.»

Interdite à Istanbul

«L'équipe a pu lutter contre des voitures soutenues par de grands constructeurs et a marqué son premier point après seulement 22 courses, terminant à la neuvième place du Championnat constructeurs 2007, indique aussi Aguri Suzuki. Mais le non respect d'un contrat par SS United Oil & Gas Company a conduit à un manque à gagner et immédiatement placé l'équipe en difficultés financières.»

La première équipe 100% japonaise créée notamment pour permettre à Takuma Sato de conserver un volant en F1, qui avait terminé à la 9e place du championnat du monde des constructeurs en 2007 avec quatre points, a été interdite de paddock avant le Grand Prix de Turquie, qui se court ce week-end à Istanbul. Les camions et motor- homes de l'équipe n'avaient pas été autorisés à pénétrer dans l'enceinte du circuit lundi.

A Bercelone déjà

La petite écurie japonaise avait déjà failli ne pas prendre part au Grand Prix d'Espagne, à Barcelone, et n'avait dû sa participation qu'à l'injection de liquidités de la part de la maison mère, Honda, en dernière minute.

Nick Fry, directeur de l'équipe Honda Racing, propriété du constructeur automobile, aurait cependant souhaité que Super Aguri cesse de ponctionner les ressources de l'écurie Honda et aurait annoncé au patron de la F1, Bernie Ecclestone, que Super Aguri ne courrait pas en Turquie, provoquant ainsi l'interdiction d'accès à l'équipe.

Vendredi dernier, l'écurie japonaise et Weigl Group AG, avaient révélé que l'entreprise automobile allemande devait prendre une part «substantielle» dans l'écurie afin d'assurer son avenir sur les circuits. Celui-ci était devenu incertain mi-avril, lorsqu'un repreneur potentiel, le cabinet de conseil londonien spécialisé dans l'automobile Magma Group, avait mis un terme aux négociations.

Difficile de rester

Avec le retrait de Super Aguri, il ne reste plus que dix écuries en course en F1. Cette annonce est également un coup dur pour les deux pilotes maison, le populaire Japonais Takuma Sato, et le Britannique Anthony Davidson.

La mésaventure de Super Aguri prouve une nouvelle fois qu'il devient de plus en plus dur de se faire une place en F1 sans l'appui d'un grand constructeur automobile. Six des dix écuries sont ainsi soutenues par des marques reconnues au niveau mondial (Renault, BMW Sauber, McLaren-Mercedes, Ferrari, Toyota, Honda).

Des milliardaires amateurs de sport automobile permettent à trois autres équipes d'exister (l'Indien Vijay Mallya pour Force India, l'Autrichien Dietrich Mateschitz pour Red Bull et Toro Rosso). Seule la vénérable Williams fait figure d'exception, même si son motoriste Toyota lui procure de précieux subsides. (si)

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