Football: Fabian Frei sauve la Suisse
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FootballFabian Frei sauve la Suisse

Une frappe chirurgicale du demi du FC Bâle a offert à la Nati un match nul (2-2) mille fois mérité devant la Pologne, à Wroclaw. Si une équipe ne devait pas perdre ce match, c'était bien la Suisse!

La Nati a égalisé en toute fin de rencontre.

La Nati a égalisé en toute fin de rencontre.

Le 750e match de son histoire a failli se solder par une défaite malheureuse pour une équipe de Suisse qui se ménage toujours autant d'occasions. Après l'ouverture du score de Drmic à la 4e, elle a ainsi joué vraiment de malchance dans la mesure où les deux buts qu'elle a concédés le furent quelques instants seulement après deux occasions en or qui auraient pu lui permettre de «tuer» le match.

Fort heureusement, Fabian Frei a surgi à la 87e pour égaliser alors que la Suisse évoluait à onze contre dix depuis l'expulsion de Zyro à la 83e. Introduit après le 2-1 pour Gelson Fernandes, le demi du FC Bâle fêtait de la plus belle des manières son grand retour en sélection après une absence de deux ans et demi. A l'orée de la surface, il armait une frappe au sol qui terminait sa course au second poteau.

Face à une équipe portée par la ferveur d'un public - 40'133 spectateurs - qu'elle a reconquis cette année après un long désamour, la Suisse a vraiment offert la réplique espérée. Elle a fait jeu égal avec les «bourreaux» des Champions du monde. Elle a aussi (re)trouvé un grand patron en défense en la personne de Fabian Schär dont les qualités de relance et d'anticipation ont fait merveille à Wroclaw.

Un grand Shaqiri

Avec sept changements dans son onze de départ par rapport au match de samedi contre la Lituanie, Vladimir Petkovic a, bien sûr, exploité le caractère amical de la rencontre pour redistribuer les cartes. Il a toutefois eu la sagesse de laisser un homme «fort» dans chaque ligne, Schär, Inler, qui a laissé sa place et son brassard à Behrami à la pause, et l'extraordinaire Shaqiri.

Le jour où Pep Guardiola s'interroge ouvertement sur son intelligence de jeu, le joueur du Bayern a offert un nouveau récital. Très à l'aise entre les lignes, il a été le cauchemar des défenseurs adverses. A la 4e, c'est lui qui lance Drmic pour le 1-0. A la 13e, il est tout près de signer le 2-0 sur une rupture improbable. A la demi-heure, sa frappe frôle la lucarne. Enfin à la 41e, il est à l'origine de l'action qui aurait dû permettre à la Suisse de doubler la mise en offrant à Lang un véritable caviar. La frappe du latéral des Grasshoppers était détournée par Boruc, puis Oklowski sauvait sur sa ligne une reprise de Drmic avant que Boruc ne soit à nouveau à la parade sur un tir de Kasami. En moins de dix secondes, les Suisses auraient pu marquer trois fois !

Au lieu du mener 2-0 à la pause, la Suisse regagnait les vestiaires sur un score de parité. Dans le temps additionnel, Jedrezejczyk coupait devant Drmic pour battre Bürki de la tête. Le Bernois, auteur de deux parades remarquables dans la première demi-heure, n'a aucun reproche à se faire sur ce but, le premier qu'il encaisse sous le maillot à croix blanche.

Une sortie «Kamikaze»

En revanche, sa responsabilité est engagée sur le deuxième but polonais. Le portier du SC Fribourg a été l'auteur d'une sortie «kamikaze» devant Lewandowski à l'heure de jeu. Il écopait d'un carton jaune qui aurait été sans doute rouge si cette rencontre avait eu un enjeu. Le gaucher de l'Ajax Milik transformait imparablement le coup-franc pour donner l'avantage à une équipe qui avait frôlé le pire quelques secondes plus tôt.

Drmic avait, en effet, eu la balle de 2-1 au bout du crampon en se présentant seul devant le gardien Fabianski. Mais comme le 1er juillet face à l'Argentin Romero dans un duel qu'il n'oubliera jamais, il lui a manqué un éclair de lucidité pour conclure. (si)

«Une véritable fête du football»

Vladimir Petkovic n'a pas perdu sa soirée. «Le résultat est juste. Aucune équipe ne méritait pas de perdre, poursuit-il. Nous avons un regret: nous aurions pu faire le break en première période. Mais l'adversaire était vraiment de grande qualité. Nous avons su le gêner, le pousser dans ses derniers retranchements. Cette rencontre m'a donné des enseignements très précieux».

«Nous ne nous sommes jamais cachés. Nous nous sommes toujours efforcés de jouer vers l'avant. Nous avons été par instants les meilleurs dans cette partie de haut niveau, explique-t-il. Je ne peux être que satisfait. Je le répète une fois encore: ce soir nous avons affronté une grande équipe poussée par une immense ferveur».

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