Élection au Conseil d'État genevois: «Je veux mettre la solidarité au coeur de mon action»
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Élection au Conseil d'État genevois«Je veux mettre la solidarité au coeur de mon action»

L’écologiste Fabienne Fischer a été élue au Conseil d’Etat genevois avec 41,8% des voix. Elle succède à Pierre Maudet, arrivé deuxième.

par
Maria Pineiro/Leïla Hussein

La réaction de Fabienne Fischer à chaud.

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«Je suis très heureuse de ce résultat au terme d’une campagne très particulière.» Tels ont été les premiers mots de Fabienne Fischer, élue dimanche au Conseil d’Etat avec près de 41,8% des voix (47’507). Assaillie par les journalistes, l’élue qui remplacera donc le démissionnaire Pierre Maudet a affirmé «vouloir mettre la solidarité au cœur» de son action politique afin de sortir de la crise. La future magistrate s’est réjouie de «la victoire de ceux qui pensent qu’il est possible de changer de cap». Elle s’est dite consciente des difficultés à venir et a appelé les citoyennes et citoyens à lui permettre de rester au plus près des réalités de la population.

«Aujourd’hui, s’ouvre un temps de réflexion»

Comme lors des résultats du premier tour, Pierre Maudet est arrivé, lui, seul à l’Hôtel de ville pour une très brève déclaration. Avant de s’adresser aux journalistes, il a tenu à féliciter son heureuse rivale. Puis, face à la presse, l’ancien homme fort du gouvernement a reconnu être déçu par le résultat «au terme d’une campagne haletante pour laquelle j’ai tout donné». L’objectif n’a pas été atteint, a résumé Pierre Maudet, relevant que son score est important. Le magistrat démissionnaire arrive deuxième avec 33,6% des suffrages (38’184). Le conseiller d’Etat sortant a néanmoins indiqué qu’il restera à «disposition du Canton». «Je continuerai mon activité politique, sans doute sous une autre forme. Aujourd’hui, s’ouvre pour moi un temps de réflexion», a-t-il conclu avant de tourner les talons et de repartir aussi vite qu’il était arrivé.

Arrivé deuxième avec presque 34% des suffrages, dimanche à l’Hôtel de ville, le magistrat démissionnaire a félicité sa rivale et nouvelle élue au Conseil d’Etat Fabienne Fischer.

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«Une campagne de coeur»

Si l’écart entre Fabienne Fischer et Pierre Maudet est déjà important avec 9000 voix de différence, ils ont tout de même creusé une avance conséquente sur les deux autres concurrents. La PDC Delphine Bachmann, qui se présentait sous les couleurs du Centre, sur la liste du Parti bourgeois démocratique (PBD), arrive troisième avec 13,6% des votes (15’408). «Je suis fière d’avoir mené cette campagne avec le cœur et des valeurs, a-t-elle déclaré tout sourire lors de son arrivée à l’Hôtel de ville. Il ne fallait pas laisser tomber.» Sa campagne, décidée après le retrait du PLR du second tour a été, selon ses mots, «trois semaines intenses». Elle a d’ores et déjà donné rendez-vous à ses électeurs pour les élections générales de 2023. «Il faudra compter sur le PDC». Elle reconnait que des réflexions devraient avoir lieu au sein des partis de droite et du centre.

Discussions à droite

La campagne dynamique de Delphine Bachmann ne lui a pas permis de talonner le duo de tête, ni de distancer l’UDC Yves Nidegger. Arrivé quatrième et dernier avec un score de 11% (12’485), il se montrait satisfait du résultat, remarquant avoir réuni plus de suffrages que lors des dernières élections au Conseil d’Etat de 2018. «Maintenir ma candidature au second tour était une bonne idée», a-t-il réagi. Tourné vers l’avenir, en particulier 2023, il a souligné la nécessité pour la droite de discuter. «Nous avons toujours tendu la main à l’Entente et elle a toujours été mordue», a-t-il insisté, relevant que «cette fois, le PLR n’a pas pu maintenir son siège».

Le PLR dans l’opposition

Par voie de communiqué, le PLR, grand perdant de ce scrutin complémentaire, a pris «acte du choix du peuple genevois». Le premier parti au parlement constate qu’il ne sera désormais plus représenté que par la conseillère d’Etat Nathalie Fontanet. «Jouissant d’une plus grande liberté, il n’hésitera pas, en fonction des décisions prises, à entrer dans une opposition constructive à l’égard du Conseil d’Etat.» Le PLR entend dès à présent convaincre la population par ses actions du «bien-fondé de disposer non seulement d’un groupe de députés fort et uni, mais aussi de la nécessité d’être représenté par au moins deux Conseillers d’Etat PLR qui incarnent ses valeurs.se tourne dès à présent vers 2023».

Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers se dit satisfait que «l’affaire Maudet soit décorrélée de l’aspect politique».

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Tourner la page

Seul membre du gouvernement à avoir fait le déplacement dimanche, le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, collègue de parti de Fabienne Fischer, a insisté sur le besoin de réconciliation au sein de l’Exécutif. «L’enjeu, c’est un certain retour à la normalité.» Il s’est réjoui de pouvoir penser à tourner la page de l’affaire Maudet: depuis la divulgation de voyage à Abu Dhabi du conseiller d’Etat ex-PL, Genève vit au rythme des révélations sur l’élu, condamné pour acceptation d’un avantage. «L’histoire n’est pas finie, mais nous pouvons commencer à écrire la fin.» L’élu a déclaré être «satisfait plus que soulagé» par la non-réélection de Pierre Maudet au Conseil d’Etat. Selon lui, ce résultat confirme «l’attachement des Genevois à des valeurs comme l’honnêteté et la probité».

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