Football - Super League: Fabio Celestini: «On doit être fiers de qui on est!»
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Football - Super LeagueFabio Celestini: «On doit être fiers de qui on est!»

L'entraîneur du Lausanne-Sport n'entend pas arriver avec timidité en Super League, mais être digne de l'histoire du club vaudois.

par
Tim Guillemin
Fabio Celestini (à g.) et son président Alain Joseph veulent installer le Lausanne-Sport dans l'élite du football suisse.

Fabio Celestini (à g.) et son président Alain Joseph veulent installer le Lausanne-Sport dans l'élite du football suisse.

photo: Keystone/Martial Trezzini

«Je suis parti dix ans et ai donc vécu la faillite de l'extérieur. Quand je suis revenu, je n'ai pas reconnu mon club.» Fabio Celestini dit toujours ce qu'il pense, quitte à déranger dans le monde discret du football romand, où on n'aime pas trop les têtes qui dépassent.

L'entraîneur du LS sait qu'il gagnerait à rester discret, mais il a envie de parler, ne serait-ce que pour ramener le Lausanne-Sport à sa juste place. «Ce serait plus simple pour moi de ne rien dire, mais j'aime ce club. Je suis d'ici et j'ai envie qu'on l'estime à sa juste valeur», a-t-il dit mercredi.

«Trop discrets sur notre histoire»

Ce qui énerve le coach lausannois? Que la place du club dans l'histoire du football suisse soit un peu dévaluée. «Je viens de dire dans une interview au Blick que le LS n'avait rien à envier à des clubs comme Saint-Gall et Lucerne. Et alors quoi? Je devrais m'excuser pour ça? Ce qui est sûr, c'est qu'on est trop discrets sur notre histoire, sur les gens qui ont écrit notre histoire. On est le Lausanne-Sport, on a un palmarès! On doit être fiers de qui on est!», explique-t-il.

Dans les faits, le LS vient de remonter en Super League, mais cela n'en fait pas automatiquement un candidat à la relégation, selon son entraîneur. «Ce qu'on attend que je dise, c'est clair: on vise le maintien, mais si on tombe, ce n'est pas grave. Ce genre de choses, ça sonne bien. Mais si j'ai envie de sortir de ça? De dire que le LS doit s'installer en Super League? Et pourquoi ne pas dire qu'on peut rêver de Coupe d'Europe? Thoune a le droit et pas nous?». On l'a compris, Fabio Celestini a un message à faire passer et il est clair: Lausanne est à sa place en Super League.

«Le melon ou le courgeon? J'ai l'habitude!»

Mais concrètement, le coach ne prend-il pas un risque de parler ainsi alors que la saison n'a pas encore commencé? «Bien sûr, je vois ce que vous voulez dire. Si on n'est pas performant, je vais entendre les mêmes choses que d'habitude: il a le melon, il a le courgeon... J'ai l'habitude, ce n'est pas grave. Ce que je dis, ce n'est pas pour moi, c'est pour mon club. Mais de toute façon, ce n'est pas pour demain que j'ai envie de faire ça, c'est pour les années à venir. On ne sera pas l'égal de Young Boys en 2017. Mais le LS doit voir plus loin. Vous vous rappelez où était le FC Bâle il y a vingt ans? L'histoire d'un club va bien au delà des dix dernières années. Bien sûr que si vous regardez le LS depuis dix ans, vous n'avez pas envie de faire le fier. Mais ce club est centenaire! Disons-le! Vous allez dans n'importe quel club allemand de série inférieure, le palmarès du club est mis en avant. Tenez, un jour, je vais en deuxième division aux Pays-Bas. Partout dans le stade, dans les couloirs, vous avez des portraits des joueurs, tout le monde le voit, les jeunes s'identifient. J'aimerais que quand les gamins sortent des vestiaires, ils tombent sur des images de Stéphane Chapuisat, Marc Hottiger, Martin Brunner...»

Le palmarès sur un grand panneau

Depuis quelques mois, le palmarès du club est inscrit en grand juste à l'entrée du terrain, du côté des joueurs visiteurs. Ainsi, les 7 titres de champion, les neuf victoires en Coupe de Suisse et les 23 participations aux Coupes d'Europe sont clairement écrites et visible de tous. Une volonté de Fabio Celestini: «C'est déjà pas mal. Et j'ai insisté pour que les minibus du club soient eux aussi porteurs de ces inscriptions.» Le terrain d'entraînement a lui été ceint de très belles bâches bleues, qui lui donnent un air assez classe. «On n'a rien à envier à personne pour ce qui est du profesionnalisme», estime Fabio Celestini.

Et, ce qui ne gâche rien, le LS a aussi un nouveau car, absolument splendide. «Ce n'est pas cela qui va nous faire gagner des points. Mais si ça peut donner envie à un junior de monter dedans ou si ça peut montrer au FC Bâle, quand on arrive là-bas, que nous aussi on a une histoire, qu'on n'est pas juste un promu de Challenge League, alors ce sera déjà un pas en avant», termine l'entraîneur du LS.

Pour redécorer la Pontaise, c'est un peu tard, même si des efforts ont été faits en ce sens. Mais pour ce qui est de la Tuilière, en 2019, l'espoir de voir les murs ornés de l'histoire du club est bien présent. Et tant pis pour l'éternelle et légendaire réserve vaudoise: Fabio Celestini veut porter haut les couleurs du LS.

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