France voisine: Face à cet acte terroriste, «on ne s'est pas plantés»
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France voisineFace à cet acte terroriste, «on ne s'est pas plantés»

Un exercice géant a mobilisé des centaines de policiers, de pompiers et de médecins. But: tester leur coordination lors d'une prise d'otages.

par
David Ramseyer
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Un soldat en couverture de la police, à l'entrée d'un hangar de Rochexpo, à la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie/F).

Un soldat en couverture de la police, à l'entrée d'un hangar de Rochexpo, à la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie/F).

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La police prête à investir l'un des bâtiments que les terroristes ont investi.

La police prête à investir l'un des bâtiments que les terroristes ont investi.

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Des hommes ont été postés face aux bâtiments attaqués par les assaillants.

Des hommes ont été postés face aux bâtiments attaqués par les assaillants.

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L'attaque a débuté vers 10h, ce mardi. Trois terroristes ont pénétré dans un bâtiment de Rochexpo, le centre d'exposition de La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie/F). Ils sont lourdement armés, l'un d'eux porte des explosifs. Une centaine de participants à un congrès sont retenus en otage ou ont pu se cacher dans une halle. Police, gendarmerie, armée, pompiers et services médicaux sont alors déployés autour et sur le site.

Il s'agit en réalité d'une simulation grandeur nature, qui a impliqué 700 personnes, dont des dizaines de figurants. C'est la première de cette envergure en Haute-Savoie. Depuis l'instauration de l'état d'urgence, les départements français ont l'obligation d'ainsi éprouver leurs dispositifs sécuritaires. «Nous testons notre capacité à réagir immédiatement avec nos seuls moyens, sans le renfort d'unités spéciales qui mettent du temps à venir de Lyon ou de Paris», précise le colonel Frédéric Labrunye, commandant de la gendarmerie haute-savoyarde.

Très stressant

A 12h15, bouclier et arme au poing, gilet par-balles sur le dos, les forces de l'ordre investissent couloirs et escaliers. A l'extérieur, des soldats tiennent en joue les bâtiments. Dans une halle où des civils ont trouvé refuge, des policiers hurlent: «Tournez-vous, montrez-nous vos sacs!» Des terroristes ont pu se mêler aux personnes apeurées qui sortent ensuite en courant, sous bonne garde. «Levez votre T-shirt!», ordonnent des gendarmes. Là, encore, le principe de précaution s'impose.

Cela a beau avoir été un exercice, «c'était stressant, raconte une figurante. J'ai eu peur de la réaction des chiens.» Un autre avoue que «dès qu'on voyait un pseudo-terroriste, on allait tous se cacher. Je communiquais par SMS avec les secours, qui me demandaient des renseignements et me donnaient des conseils. Cela m'a semblé durer des heures. En situation réelle, ça doit être pire.»

Bracelet d'un nouveau genre

Les victimes ont ensuite été rassemblées dans un poste médical avancé, installé sur un parking voisin. Celles qui n'étaient pas sérieusement blessées ont été interrogées par la police pendant qu'elles recevaient des soins. «Nous avons aussi expérimenté pour la première fois le nouveau bracelet Sinus», explique le contrôleur général Chaboud, directeur du Service départemental d'incendie et de secours. Doté d'un code-barres, il permet de tracer les personnes traitées. «Pour chacune d'entre elles, un logiciel répertorie ainsi des informations médicales et personnelles, accessibles aux services médicaux ou à la police. Après les attentats de Paris en 2015, l'identification des victimes avait été difficile.»

La coordination entre les services de sécurité et d'urgence, mais aussi avec le pouvoir politique et judiciaire, était au coeur de l'exercice. A chaud, leurs responsables ont relevé qu'il avait été concluant, malgré quelques problèmes de communication. Pour le colonel Frédéric Labrunye, «on ne s'est pas plantés».

Pompiers au feu

L'exercice de mardi comportait de multiples tests, dont une partie concernait les soldats du feu français. Depuis les attentats de Paris, le 13 novembre 2015, la donne a changé pour eux. Tous sont appelés à intervenir sous le feu possible d'assaillants. "Lors de la simulation de ce mardi, nous avons ainsi évolué avec des casques et des gilets par-balle", expliquent-ils. En outre, les pompiers sont aujourd'hui formés à prendre en charge des blessés par armes à feu.

Les couleurs du danger

Lors d'un attentat avec prise d'otages, le périmètre d'intervention de la police ou des unités spéciales est délimité en trois secteurs bien distincts. La zone rouge est celle tenue par les assaillants. C'est là qu'interviendront les forces de sécurité, pour neutraliser la menace. La zone orange est "contrôlée", mais toujours sous la menace potentielle des agresseurs: elle correspond notamment au secteur d'extraction des otages. Enfin, la zone verte est l'espace sécurisé où les victimes sont prise en charge.

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