Suisse romande: «Face à un tireur fou, on y va et on le neutralise»
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Suisse romande«Face à un tireur fou, on y va et on le neutralise»

Les polices se disent prêtes à affronter un terroriste grâce au savoir-faire accumulé depuis 2011. Le point avec le responsable de la task force des cantons latins

par
Caroline Gebhard

Paris (F), Sousse (Tun), Copenhague (Dan): ces attentats ont marqué les esprits. Au sein des forces de l'ordre, ils ont eu une résonance toute particulière. A chaque fois, des policiers ont été les premiers à intervenir face aux tireurs. Non pas des hommes issus des troupes d'élite mais des agents de tous les jours, que l'on rencontre au coin de la rue. Cette donnée, les polices romandes l'ont intégrée en 2011 déjà. Depuis quatre ans, elles forment leurs troupes pour faire face à un ou plusieurs tireurs ayant pour objectif d'abattre le maximum de personnes dans un espace donné: on parle là d'Amok. L'an prochain, cette formation sera encore renforcée.

Commandant de la gendarmerie fribourgeoise, Philippe Allain pilote le groupe de travail Amok pour la Suisse romande, Berne et le Tessin. Il explique qu'à l'époque où cette task force s'est mise en place, «on parlait plutôt de tueries dans les écoles». Par analogie, le savoir-faire accumulé depuis 2011 permet aujourd'hui aux policiers d'être prêts à affronter un terroriste. «Dans ces cas-là, le plus important, c'est de mettre un terme à la tuerie par tous les moyens possibles. On y va et on le neutralise: c'est la doctrine», souligne Philippe Allain. Avec une donnée particulière depuis les attentats de janvier à Paris: «Ce sont des policiers qui ont été pris pour cible. On s'en est pris à quelqu'un parce qu'il porte un uniforme et un message.» Avec les modules de formation à venir, l'accent sera mis sur cette nouvelle menace: «Cela a marqué un tournant en terme de vigilance.»

Partage d'expériences avec l'étranger

Partage d'expériences avec l'étranger

Pour élaborer ses modules de formation, la cellule Amok collabore avec l'étranger. Les Français, notamment, sont venus en Suisse pour présenter leurs réflexions à la suite des attentats de janvier à Paris. «Il y a une différence entre la tactique d'intervention et la doctrine d'engagement. On s'inspire de modèles existants et on adapte nos dispositifs au fur et à mesure», note Philippe Allain. On vit d'expériences policières très diverses. On s'ouvre aussi à la Tunisie et aux pays anglo-saxons.»

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