«Le sport est à un tournant. Les clubs doivent se réinventer!»

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Genève«Le sport est à un tournant. Les clubs doivent se réinventer!»

Avec le Covid et la hausse du coût de la vie, les amateurs d’activités physiques boudent les structures, préférant consommer le sport à la carte.

par
Leïla Hussein
Quatre associations se sont mobilisées pour organiser un tournoi ouvert à la population, ce samedi au parc des Evaux. Au programme: beachvolley, tennis, fitness race et football.

Quatre associations se sont mobilisées pour organiser un tournoi ouvert à la population, ce samedi au parc des Evaux. Au programme: beachvolley, tennis, fitness race et football.

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Tennis le lundi, boxe le mercredi et paddle le dimanche. C’est à ça que ressemble désormais le programme d’un amateur de sport. L’ère de l’activité unique pratiquée au sein d’un club est révolue, estiment les professionnels du domaine. «Les gens veulent découvrir différents sports, goûter à tout, sans forcément s’engager ou devenir experts. Ils sont plus spontanés et pensent davantage à court terme», résume Miha, fondateur de l’association genevoise GVA Sport.

Changement durable

Résultat: malgré la fin des restrictions sanitaires, les clubs sportifs peinent à retrouver leurs adhérents. Si la pandémie est à l’origine de ce phénomène, selon Jean-Noël de Giuli, président de l’Association genevoise des sports (AGS), «ce n’est que l’élément déclencheur. En réalité, il s’agit d’un changement sociétal qui s’inscrit dans l’air du temps et risque de perdurer». La hausse du coût de la vie, notamment liée à la guerre en Ukraine, a aussi joué un rôle, constate Miha. «On le ressent très clairement. Les gens doivent faire des choix et les activités sportives ne font pas partie de leurs priorités. C’est pourquoi, on essaie de faire des prix accessibles.»

Des événements ponctuels

Mais pour le responsable, pas de quoi se décourager. «Le sport est à un tournant. Les clubs doivent tenir compte de cette évolution et se réinventer, en proposant des activités qui correspondent plus aux besoins actuels, comme des événements sportifs ponctuels, par exemple.» C’est ainsi qu’est née l’idée du tournoi Sports Time, qui se déroulera ce samedi au parc des Evaux, à Onex. La rencontre, organisée en partenariat avec trois autres associations genevoises, est ouverte à tout le monde dès 16 ans et propose quatre disciplines, soit beachvolley, tennis, fitness race et football. «C’est un peu comme les journées sportives à l’école, mais pour adultes, sourit Miha. On veut que les gens s’amusent, profitent et peut-être que certains s’inscriront dans un des clubs.»

Même démarche du côté de l’AGS, qui lance la première édition de la Fête du Sport, ce jeudi. Durant quatre jours, la population pourra découvrir 25 sports gratuitement.

Trouver des sous

Le manque d’adhérents représente également un défi pour les structures. «Tous les clubs courent après l’argent pour joindre les deux bouts», confie Jean-Noël de Giuli. En effet, sans les cotisations versées par les membres pour couvrir les frais des clubs, il faut trouver d’autres sources de financement. Organisation de loto ou sponsoring sont des pistes à envisager. «Un soutien étatique serait aussi le bienvenu, juge Miha, mais les méandres administratifs sont souvent un frein.»

Fitness aussi en difficulté

Les salles de sport ne sont pas épargnées par cette baisse d’adhésion. «On voit qu’il n’y a plus le même engouement. On est toujours à 30% d’inscriptions de moins qu’avant la crise. Les gens ont appris à faire du sport autrement. La nouvelle génération suit des tutoriels en ligne. Les autres se sont équipés à la maison», confie Amanda, club manager d’un fitness Evo, à Genève. Dans le canton de Vaud aussi le phénomène est à l’œuvre. «Ça a de la peine à reprendre. Il y a encore beaucoup de gens qui ont peur du retour des mesures anti-Covid», relève la direction d’Harmony, à Signy.

À l’instar de Miha, pour Amanda «il est peut-être temps de se réinventer». C’est d’ailleurs ce qu’a fait le fitness Harmony. «Cet été, on a lancé les abonnements d’une durée d’un mois. Comme ça marchait bien, on a décidé de pérenniser cette offre estivale.»

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