Net-économie: Facebook dépose son dossier d'entrée en Bourse
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Net-économieFacebook dépose son dossier d'entrée en Bourse

Facebook a déposé son projet d'entrée en Bourse et vise une entrée à 5 milliards de dollars.

Facebook envisage de mettre sur le marché environ 5 milliards de dollars de titres.

Facebook envisage de mettre sur le marché environ 5 milliards de dollars de titres.

Facebook a soumis mercredi aux autorités boursières américaine son très attendu projet d'introduction en Bourse représentant cinq milliards de dollars (4,6 milliards de francs). Ce pas s'annonce comme la plus importante opération de ce type pour une entreprise développée dans la Silicon Valley.

Le premier site communautaire mondial, créé il y a huit dans une résidence universitaire de Harvard par Mark Zuckerberg, précise dans des documents transmis à la Securities & Exchange Commission (SEC) compter 845 millions d'utilsateurs actifs.

Facebook a précisé avoir enregistré en 2011 un chiffre d'affaires de 3,71 milliards de dollars - tiré à 85% de revenus publicitaires - et dégagé un bénéfice net d'un milliard.

Les agents immobiliers salivent

Avec sa prochaine entrée en Bourse, Facebook et ses futurs millionnaires suscitent les convoitises dans la Silicon Valley, notamment auprès des agents immobiliers, qui attendent les bras ouverts ces nouveaux riches prêts à dépenser des fortunes pour leur «home sweet home».

Si le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg et l'équipe de la première heure devraient en être les principaux bénéficiaires, cette entrée en Bourse devrait aussi transformer en millionnaires beaucoup d'employés lambda.

Les agents immobiliers de la Silicon Valley prévoient que l'arrivée sur le marché des nouveaux millionnaires de Facebook devraient encore faire monter les prix dans une région où le billet d'entrée est déjà très élevé.

«Cela va avoir un effet très important», déclare Pierre Buljan, agent immobilier dans la Silicon Valley, qui compte parmi ses clients de jeunes responsables d'entreprises technologiques. «Je pense que ce millier de nouveaux millionnaires (de Facebook) vont devoir trouver un endroit pour vivre».

M. Buljan précise que ses clients cherchent généralement des «maisons modernes et équipées en haute-technologie. Ils n'aiment pas les choses qu'aimaient leur parents».

Ces mêmes clients paient le plus souvent leur maison cash, et optent pour des superficies allant en moyenne de 370 à près de 1.400 mètres carrés, selon la taille de la famille.

Roi du net

Patron incontesté d'un des plus grands groupes internet du monde alors qu'il n'a même pas 30 ans, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, figure déjà parmi les légendes de la Silicon Valley.

«La fortune sourit aux audacieux», cette maxime de Virgile citée par le jeune Américain sur sa page Facebook, semble convenir à merveille à un homme qui a lancé son entreprise à 19 ans et n'a jamais envisagé d'en lâcher les rênes.

Il fait déjà partie des 20 personnes les plus riches du monde, si jamais son entreprise est valorisée autour de 100 milliards de dollars comme l'ont estimé des médias.

Paradoxalement pour quelqu'un dont la biographie a déjà fait l'objet d'un film et dont le site permet la mise en scène du quotidien, Mark Zuckerberg mène sa vie plutôt discrètement, donnant peu de détails sur sa page personnelle suivie par plus de 11 millions de personnes.

Initié

Né le 14 mai 1984, élevé en banlieue de New York à Dobbs Ferry par un père dentiste et une mère psychiatre, il est initié dès 11 ans à la programmation informatique.

Il est encore ay lycée quand Microsoft et AOL proposent de lui acheter une de ses créations, un programme permettant de deviner les souhaits d'écoute musicale, du style du système «Genius» lancé par Apple pour sa boutique en ligne iTunes.

Il refuse et entre à Harvard, l'université la plus prestigieuse des Etats-Unis, à l'âge de 18 ans. En deuxième année, il lance TheFacebook, à l'époque essentiellement un trombinoscope en ligne pour étudiants.

«Rendre le monde plus connecté», c'est comme ça que M. Zuckerberg définit le site lorsqu'il est mentionné pour la première fois sur sa page personnelle, à la date du 4 février 2004.

Procédures judiciaires

La période de la fondation de Facebook a fait l'objet de diverses procédures judiciaires, qui ont conduit M. Zuckerberg à verser 65 millions de dollars à trois anciens camarades d'université, Cameron et Tyler Winklevoss et Divya Narendra, et à reconnaître le rôle de «co-fondateur» à son ancien associé Eduardo Saverin.

Les quatre hommes lui ont reproché les uns de leur avoir volé l'idée du site, le dernier de l'avoir évincé injustement - et M. Zuckerberg a admis ces dernières années qu'il avait commis des «erreurs» de jeunesse.

Tenant fermement les rênes de sa jeune entreprise, «il avait des tendances impérialistes», se rappelle Sean Parker, fondateur de Napster et l'un de ses premiers mentors dès 2004, dans le livre «La révolution Facebook» de David Kirkpatrick.

«Sa position à Facebook est semblable à celle de Bill Gates, qui a duré très longtemps» au poste de PDG de Microsoft, fait valoir Josh Bernoff, analyste à Forrester Research. «Il est clair que les décisions (viennent de lui), et le rôle de Sheryl Sandberg (la directrice d'exploitation recrutée chez Google) est de mettre en oeuvre les stratégies qu'il conçoit».

Le jeune homme à la tignasse bouclée tirant sur le roux, longtemps mal a l'aise devant les médias, abonné aux sweat-shirts, a fini par acquérir plus d'aisance.

Interview de Obama

Il a lui-même interviewé en avril le président Barack Obama, qui l'a taquiné sur son inhabituel port de la cravate lorsqu'il est allé visiter le siège de Facebook.

M. Zuckerberg vit en couple avec Priscilla Chan, étudiante en médecine rencontrée en 2003. Notamment parce qu'il voulait pouvoir converser avec sa belle-famille, il a appris le chinois en 2010.

Connu pour son goût pour l'antiquité gréco-romaine, il n'hésite pas à confier quelques excentricités. L'an dernier, il a décidé de devenir presque végétarien et promis qu'il ne mangerait de la viande que s'il avait lui-même tué l'animal. (afp)

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