Pédopornographie partagée : «Facebook est responsable de la protection»

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Pédopornographie partagée «Facebook est responsable de la protection»

Une vidéo pédopornographique circulant sur le réseau social a choqué des milliers d'utilisateurs jeudi. La surveillance du contenu du site est montrée du doigt.

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Arno Meili/mst

Une ignoble vidéo circulait sur Facebook, jeudi. Très vite dénoncée par des milliers d'utilisateurs, qui ont découvert de terribles images à leur insu, la vidéo est pourtant restée en ligne durant plusieurs heures. Ce qui choque Katrin Meier, de la Fondation Suisse de la Protection de l'Enfant.

Pour elle, «la responsabilité du partage et du téléchargement de contenu criminel repose sur les utilisateurs. Mais Facebook est aussi responsable d'assurer des mécanismes de protection efficaces pour les enfants, et façon plus générale à l'égard de tous contenus illégaux». Même son de cloche du côté de Pro Juventute. L'expert en média Laurent Sedano «exhorte les réseaux sociaux à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les mineurs».

Pour une protection efficace: signaler

Mais pour lui, il faut également une prise de conscience des utilisateurs sur ces questions. Lorsqu'une telle vidéo est postée sur le réseau social, les internautes doivent signaler le contenu illicite.

Mais «beaucoup de gens viennent sur Facebook pour voir de terribles images, sans les signaler, regrette Thomas Hutter, expert du réseau social. Un grand nombre d'entre-eux ne savent même pas qu'ils peuvent signaler de tels contenus».

Lorsqu'un post est dénoncé, il est vérifié par les modérateurs. Ces derniers décident ensuite des mesures à prendre. Dans le cas de la pédopornographie, Facebook travaille étroitement avec la police et avec le «National Center for Missing and Exploited Children». «Nous avons une politique de tolérance zéro envers les contenus pédopornographiques sur notre plate-forme et nous nous appuyons sur des systèmes à la pointe de la technologie, afin de parvenir à atteindre ces objectifs», a déclaré un porte-parole de Facebook.

Filtres source d'erreurs

Avec les millions de messages publiés quasiment simultanément, du contenu illicite peut toujours passer entre les mailles du filet, ce qui ne constitue pas une surprise pour Thomas Hutter: «Chaque jour, quelque 3,2 milliards de messages sont publiés sur Facebook. Cette quantité de données ne peut évidemment pas être complètement contrôlée manuellement». Ces filtres incroyablement compliqués sont sujets aux erreurs.

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