Actualisé 14.05.2015 à 09:33

Réseau socialFacebook intègre des articles de presse

Le réseau social s'est allié à neuf éditeurs afin de publier des articles directement dans son fil d'actualités. L'initiative a déclenché une controverse.

de
man

Partager des articles sur l'application mobile Facebook est de plus en plus commun. Mais actuellement cela prend huit secondes pour charger les articles, ce qui est le temps de chargement le plus long de tous les contenus proposés par le réseau social. Grâce à la nouvelle fonction «Instant Articles» introduite mercredi par Facebook, ce temps d'attente est divisé par 10, selon le réseau social. Dans un premier temps, cette fonctionnalité n'est disponible que pour l'application Facebook sur iPhone, mais elle devrait être prochainement étendue à d'autres supports.

L'avantage pour les neufs partenaires de Facebook - «The New York Times», «National Geographic», «BuzzFeed», «NBC», «The Atlantic», «The Guardian», «BBC News», «Spiegel» et «Bild» - est qu'ils pourront garder les revenus tirés de la publicité intégrée aux articles. Ils pourront également connaître les données sur le trafic par le biais de ComScore et d'autres outils de mesure mis à disposition par Facebook.

Débat animé

Cette initiative a déclenché un débat animé entre ceux qui estiment que l'accord avec Facebook va aider les éditeurs de presse traditionnels et d'autres qui jugent, au contraire, qu'ils vont perdre le contrôle sur leurs produits.

«Dans l'ensemble, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une bonne idée», estime Dan Kennedy, professeur de journalisme à la Northeastern University de Boston. «Quand les entreprises de presse donnent une grande partie de leurs contenus à une autre entreprise qui a ses propres priorités, il y a des risques», juge-t-il.

«Serfs dans le royaume Facebook»

Selon lui, Facebook n'est pas transparent concernant son algorithme appliqué aux contenus d'information et peut procéder unilatéralement à des changements pour promouvoir, ou au contraire éliminer, des articles.

Le critique du «New York Times» David Carr, décédé en février, avait indiqué que les groupes de presse ne seraient que «les serfs dans le royaume de Facebook» si la solution aujourd'hui trouvée avec «Instant Articles» voyait le jour.

Les algorithmes utilisés par Facebook pour gérer ses contenus médias sont souvent dénoncés. Ils sont accusés de créer une «bulle» où les utilisateurs ne lisent que ce qui les intéresse et rétrécissent leur champ de connaissances, en n'échangeant qu'avec leurs «amis».

Mais Facebook a publié la semaine dernière une étude affirmant au contraire que ses utilisateurs étaient exposés à beaucoup de contenus différents, même si ces conclusions ont été accueillies avec un certain scepticisme.

Nouveaux modèles

Jeff Jarvis, professeur de journalisme à la City University de New York, estime au contraire qu'il s'agit d'un moment important dans l'économie de l'information.

«C'est une bonne nouvelle pour les nouvelles», lance-t-il. «Si l'information et la technologie parviennent à trouver un terrain d'entente, nous allons pouvoir commencer à réinventer le journalisme avec de nouveaux modèles de distribution» affirme-t-il. (man/ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!