Vie privée: Facebook sans pitié face au pillage de numéros de téléphone
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Vie privéeFacebook sans pitié face au pillage de numéros de téléphone

La firme demande plus de 75 000 dollars en dommages et intérêts à un développeur accusé d’avoir automatisé la récolte de données sur sa plateforme.

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Le géant internet prend plus que jamais soin de blinder l’accès à ses données. (Photo by Damien MEYER / AFP)

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Facebook a lancé une action en justice contre Mohammad Zaghar et son site web Massroot8 pour abus présumé d’extraction de données (scraping en anglais). Selon des documents judiciaires, le service spécialisé aurait siphonné les identifiants de connexion d’environ 5500 personnes, puis récolté les numéros de téléphone de leurs amis. Le site Massroot8 vendait aux clients la possibilité de récupérer les données d’amis Facebook, y compris les numéros de téléphone, le sexe, la date de naissance et les adresses e-mail. Toutes ces données sont publiées publiquement par ces utilisateurs de Facebook, mais l’automatisation prétendument fournie par le site web de Zaghar permettait à ses clients d’obtenir les informations à un rythme beaucoup plus rapide et à plus grande échelle.

Clients téméraires

Facebook a déclaré que la campagne d’extraction des données s’est déroulée du 23 avril au 6 mai, avec environ 5500 personnes inscrites au service. Le développeur de Massroot8 aurait utilisé un botnet pour contourner les outils de détection de Facebook à l’aide d’appareils Android virtuels. Les clients de Massroot8 ont pour leur part dû fournir leurs propres identifiants de connexion, «compromettant leur compte Facebook en abandonnant le contrôle de leur nom d’utilisateur et de leur mot de passe», a relevé la firme de Mark Zuckerberg. M. Zaghar n’a pas répondu aux sollicitations du site CNET.

Justice très sollicitée

Le géant américain a déclaré avoir demandé plusieurs fois à M. Zaghar de cesser son activité. Il a suspendu ses comptes Facebook et Instagram et obligé ses clients à modifier leurs mots de passe à des fins de sécurité. Il réclame 75 000 dollars de dommages et intérêts devant les juges pour violation de la loi sur la fraude et les abus informatiques, arguant que le défendeur a accédé sans autorisation à ses serveurs.

Depuis le scandale Cambridge Analytica, Facebook se tourne toujours plus souvent vers la justice pour arrêter tout abus d’utilisation de ses données. Des développeurs d’applications pour fraude présumée ont été poursuivis en août dernier et plus récemment une société d’analyse pour avoir prétendument collecté des informations personnelles. Parallèlement au procès intenté contre M. Zaghar, Facebook a déposé une action en justice en Espagne contre un service qui fournissait de faux likes et commentaires sur son application Instagram.

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