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Facteur accusé de l'assassinat de ses enfants: procès

Le procès du facteur de La Chaux-de-Fonds, accusé du triple assassinat de ses propres enfants, s'est ouvert mercredi devant la Cour d'assises de Neuchâtel.

Les débats menés en matinée ont porté principalement sur le degré de responsabilité du prévenu.

Comme lors de l'audience préliminaire, le Ministère public a demandé une nouvelle expertise psychiatrique. «On n'arrive pas à se convaincre qu'au moment des faits, l'état de la maladie (psychique) du prévenu était tel qu'il faut conclure à son irresponsabilité», a déclaré le Procureur.

«Un seul avis psychiatrique ne suffit pas dans une affaire aussi exceptionnellement grave», a-t-il encore indiqué. L'avocat des plaignants a appuyé la requête du représentant du Ministère public. Selon lui, la détermination du degré de responsabilité du prévenu sera décisive en regard du verdict.

Le président de la Cour d'assises a suspendu l'audience en début d'après-midi pour examiner la demande d'expertise. Une requête similaire avait déjà été rejetée par la Cour en octobre, lors de l'audience préliminaire, ainsi qu'en juin par la Chambre d'accusation, à la clôture de l'instruction.

La Cour se prononcera sur l'opportunité d'une seconde expertise à la reprise des débats d'audience, en milieu d'après-midi. Si la requête est acceptée, le procès sera alors suspendu jusqu'à une date indéterminée. En cas de rejet, la procédure se poursuivra avec le réquisitoire du Ministère public et les plaidoiries.

Cité comme témoin, le psychiatre auteur de l'unique expertise effectuée à ce jour a diagnostiqué une psychose schizo-affective chez l'accusé. Il a décrit un vécu marqué par l'alternance de moments de profonde dépression et de périodes de surestimation de soi et de comportement délirant.

Témoignage de la mère

Egalement citée comme témoin, la mère de l'accusé a témoigné du comportement anormal et inquiétant de son fils dans les deux mois qui ont précédé le drame. Elle a estimé que la mort des trois enfants aurait pu être évitée si la prise en charge psychiatrique de l'accusé avait été adéquate.

Lors de son interrogatoire, le prévenu s'est montré, comme lors de l'audience préliminaire, laconique dans ses réponses, pour ne pas dire lacunaire. Il n'a pas de souvenir précis des faits incriminés. Il a tenté, non sans mal, de décrire le délire de persécution qui l'habitait à l'époque des faits.

L'an dernier

Le 12 septembre 2005, en l'absence de sa compagne, le facteur avait tué ses trois enfants dans l'appartement familial de La Chaux- de-Fonds. Il les avait étranglés puis étouffés à l'aide de sacs en plastique. Les petites victimes étaient deux filles âgées de 7 ans et de 18 mois, ainsi qu'un garçon âgé de 4 ans.

L'accusé s'était rendu ensuite spontanément à la police. Il avait préparé des vêtements de rechange et un nécessaire de toilette en vue de son incarcération immédiate. A ce sujet, le psychiatre cité à la barre a souligné le contexte délirant de ce comportement en apparence rationnel.

Sportif acharné

De son côté, le Ministère public n'exclut pas que l'accusé ait tenté de façon rationnelle et responsable de «supprimer le problème en tuant ses enfants». Sportif acharné, pratiquant le VTT, le ski de fond et le vélo de route, le prévenu se plaignait apparemment du poids excessif de ses obligations familiales.

(ats)

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