Actualisé 24.03.2016 à 06:29

BerneFaire payer les parents pour éviter l'aide sociale

Un élu veut mettre sur pied d'égalité jeunes en formation et indigents. Les proches seraient mis à contribution.

de
David Maccabez

«Aujourd'hui, les services sociaux garantissent le minimum vital à des jeunes dont les parents devraient subvenir à l'entretien s'ils entamaient une formation. Il faut rendre l'aide sociale moins attractive pour ces jeunes», s'émeut le conseiller national Laurent Wehrli (PLR/VD). Dans une motion, il demande de revoir le Code civil, afin que tous les parents assurent l'entretien de leur enfant entre 18 et 25 ans, même s'il n'a pas de projet professionnel. Actuellement, seuls ceux disposant d'un revenu au-dessus de la moyenne (120'000 fr. par an pour les personnes seules, 180'000 pour les couples) sont tenus de le faire.

Même à gauche, on estime que cette proposition va dans la bonne direction: «La législation date d'une époque où plus de trois quarts des jeunes de 20 ans étaient lancés dans la vie professionnelle, note Jean-François Steiert (PS/FR). Si on voulait aller au bout de la logique, il faudrait assurer une couverture subsidiaire, comme pour les pensions alimentaires. Si les parents refusent de payer, l'Etat avance l'argent et peut se retourner contre eux.» Le Canton de Vaud réfléchit à une modification de loi allant dans ce sens. «Nous voulons transformer l'aide sociale en tremplin pour l'insertion professionnelle, et aider les jeunes via les bourses d'études. Les parents sont alors tenus de participer», explique le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Une aide sociale réduite sera accordée à ceux qui refusent cette orientation.

Eviter la dépendance

Depuis janvier 2016, les prestations pour jeunes adultes ont été revues à la baisse. Leur forfait mensuel d'entretien est passé de 986 à 789 fr. «Il ne faut pas que l'aide sociale devienne un oreiller de paresse pour eux», déclarait en septembre le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia, défendant la décision des directeurs cantonaux des Affaires sociales. D'autres coupes sont attendues cette année, comme la redéfinition du montant maximal du loyer pris en charge.

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