Sortir: «Faire rire les gens, c'est du boulot!»
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Sortir«Faire rire les gens, c'est du boulot!»

Figure montante de l'humour français Vérino est une des têtes d'affiche du festival Morges-sous-rire.

par
Aurore Boullé

Après avoir écumé les salles parisiennes pendant une dizaine d'années, Vérino (Olivier Balestriero de son vrai nom) a été révélé au grand public par l'émission «On n'demande qu'à en rire». Des pépitos fondus à l'attente aux caisses des magasins, le comique de 30 ans traque les situations cocasses du quotidien.

Humoriste, c'est un métier qui vous a toujours attiré?

Je suis d'un naturel jovial. Ça m'a toujours rendu heureux de voir des gens contents. Quand j'ai su que le métier d'humoriste existait, à 7 ans, je me suis rendu compte de l'arnaque. Etre payé pour faire rigoler les gens… Moi je faisais déjà ça bénévolement! Maintenant, à 30 ans, je sais que c'est vraiment du boulot. C'est difficile de faire rire.

Vous êtes une des têtes d'affiche de Morges-sous-rire…

J'entendais parler de ce festival depuis un bout de temps et ça m'a toujours tenté. Je suis très content d'avoir été invité.

Vous connaissez le public suisse. Qu'en pensez-vous?

Je suis très heureux de retrouver la Suisse. Beaucoup de Français n'aiment pas venir ici parce que les gens sont réputés pour leur froideur. Moi je les trouve exigeants, et c'est bien. Le public suisse n'est pas condescendant et il ne vous applaudit pas juste parce qu'il vous aime bien. Quand il le fait c'est vraiment chaleureux.

La plupart de vos sketchs traitent du quotidien. Où puisez-vous l'inspiration?

L'inspiration, j'y crois plus beaucoup. C'est vraiment du travail. Le souffle divin ne vient qu'en travaillant. En général je regarde autour de moi, je fais attention à ce qu'il se passe et je le note. Ensuite, je cherche la bonne situation et le bon rythme pour que ce soit marrant. Je dois beaucoup bosser pour que le public ne se rende pas compte que je ne suis pas si drôle que ça.

Est-ce que certaines particularités locales vous ont marqué?

Oui! Je rentrais de Tunis où tout avait été fait à l'arrache; à mon arrivée, il y avait encore un gars qui peignait le décor et on a commencé avec 1h30 de retard! A Payerne le lendemain, un monsieur vient s'excuser: on ne va pas commencer à 19h30 mais plutôt vers 19h33. J'ai trouvé cette rigueur suisse très drôle et je l'ai retranscrite sur scène.

Qu'est-ce qui vous plaît dans le «stand-up»?

J'aime bien être aux manettes, être le chef et le seul responsable. Et surtout, j'adore l'impro. J'y consacre un bon moment à chaque spectacle. C'est une véritable mise en danger, on est sur le fil, on ne sait pas si ça va faire rire ou pas… Mais c'est ça qui me fait kiffer! Il y a une relation spéciale qui se crée avec le public. J'avoue que j'ai également pris beaucoup de plaisir à être devant la caméra. Pourquoi pas recommencer.

Des projets ?

Toujours. J'ai joué récemment dans un long métrage avec José Garcia, qui est quelqu'un d'extraordinaire. Le film s'appelle «Fonzy» et vous pourrez le voir bientôt. Je suis également en train d'écrire un spectacle pour la saison prochaine. J'ai même prévu quelques nouveautés pour Morges!

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