Actualisé 20.02.2008 à 22:28

Faire ses emplettes en France voisine, c'est ringard

Les Suisses boudent les magasins
français. La faute à un euro fort et à une offre mieux étoffée en Suisse.

Entre 2001 et 2007, la part des dépenses réalisées par les consommateurs suisses de l'autre côté de la frontière est passée de 13% à 5% du total des achats. C'est ce que révèle une enquête sur la consommation des ménages de la région lémanique, présentée hier par l'Union lémanique des Chambres de commerce et d'industrie (ULCC), qui regroupe celles de Genève, de Vaud et du Valais côté suisse ainsi que de l'Ain et de la Haute-Savoie côté français.

«La consommation des ménages suisses romands dans le Pays de Gex et en Haute-Savoie a chuté de 30% en 2001 à 13,9% en 2007», a résumé hier Jacques Jeannerat. Pour le directeur de la Chambre de commerce genevoise, trois critères expliquent essentiellement cette baisse de plus de 50%. Le premier est lié à l'introduction de l'euro et à son taux de change défavorable pour les consommateurs romands. Le second a trait à une législation devenue plus souple en ce qui concerne l'achat d'alcool en Suisse. Le troisième, enfin, pointe une offre plus étoffée de la part des centres commerciaux comme La Praille ou Balexert à Genève et Chavannes-de-Bogis sur La Côte.

La décrue de la clientèle helvétique en France voisine pourrait encore s'accentuer avec l'arrivée imminente des hard discounters allemands en Suisse romande. Et Jacques Jeannerat de conclure: «Le jour où la Suisse ouvrira ses magasins tous les jours jusqu'à 21 h, ce taux risque de tomber encore plus bas.»

Gian Mariani/ats

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