HSBC: Falciani aurait alerté en vain les Suisses en 2006
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HSBCFalciani aurait alerté en vain les Suisses en 2006

Hervé Falciani, ex-salarié de la banque HSBC à Genève, accusé d'avoir dérobé des informations confidentielles transmises aux autorités françaises, affirme qu'il avait alerté les autorités suisses «à la fin de l'été 2006».

«A la suite de la non-réponse de la Confédération, je démarche d'autres autorités», explique M. Falciani dans un entretien au quotidien français Le Figaro, précisant juste qu'il s'agit «d'autorités gouvernementales».

Il réfute avoir «monnayé quoi que ce soit», notamment au Liban où il s'est rendu en 2008 : «je pensais être en contact avec une autorité gouvernementale. Je me suis rendu compte sur place que ce n'était pas le cas. On m'a manipulé pour aller là-bas».

«A mon retour, je me suis adressé directement à la police judiciaire française», ajoute l'informaticien, qui a été arrêté puis libéré en décembre 2008 par la police suisse, qui le suspectait d'introduction frauduleuse dans un système informatique.

Changer le système

Il revient sur son parcours professionnel et explique que son «souci à la HSBC était de faire évoluer le système dans le bon sens». Arrivé à Genève après avoir travaillé à Monaco, «je me rends compte qu'on s'éloigne, en fait, des standards de sécurité. Une vieille garde s'oppose aux changements».

«Mes propositions n'étaient pas entendues. Je subissais des contraintes, des pressions au sein de la banque», affirme-t-il, expliquant que «c'est l'ampleur du phénomène» qui l'a décidé à «démarcher» des autorités gouvernementales.

Selon Hervé Falciani, la France doit garder son ordinateur. Paris doit préserver ses intérêts, qui sont d'être en accord avec les engagements pris au plan international sur l'encadrement de la finance et des paradis fiscaux, estime-t-il.

Inversion des valeurs

«Sans mon ordinateur, il n'y a plus oeuvre de justice. Il est entre les mains des autorités judiciaires françaises avec lesquelles j'ai accepté de collaborer. Je veux la poursuite de cette enquête et je veux que soient préservés les intérêts de la France», dit Hervé Falciani.

En raison de cette affaire, la Suisse a suspendu la ratification d'un accord de double imposition avec la France.

Dimanche, le ministre du Budget Eric Woerth a souhaité que le problème s'arrange mais a souligné que le problème n'était pas l'affaire Falciani, mais résidait dans le fait que la banque suisse permettait la fraude. «Ce sont les fraudeurs qui doivent être mis en accusation (...) L'inversion des valeurs est un truc absolument incroyable», a-t-il dit. (ats)

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