Genève: Fan de boxe jugé pour un coup de poing mortel
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GenèveFan de boxe jugé pour un coup de poing mortel

Un quinquagénaire était mort devant un restaurant genevois en 2012. Mis KO, il avait lourdement chuté sur la tête.

par
Julien Culet
Le drame s'était produit devant le restaurant La Trappe, dans la rue Sismondi.

Le drame s'était produit devant le restaurant La Trappe, dans la rue Sismondi.

photo: Keystone

Un simple coup de poing aura mis fin à la vie d'un homme et détruit une famille. Un Français de 32 ans était jugé lundi pour avoir tué un chauffeur de taxi le 23 janvier 2014, au petit matin, devant un restaurant des Pâquis. Des insultes et un litige autour de 40 francs seraient à l'origine du drame. La victime a reçu un coup au visage qui l'a sonnée. Privé de réflexe, le Tunisien de 57 ans a tapé la tête la première sur le bitume. Il est décédé à l'hôpital quinze heures plus tard de multiples lésions au cerveau.

Une question a été au centre des débats: l'accusé, au nez cassé et à la carrure sculptée par le fitness et les médicaments, est-il boxeur? Il jure que non mais concède être amateur du noble art. Pas suffisamment toutefois pour savoir que l'on peut mettre KO et tuer quelqu'un avec ses mains. «Il n'y a que dans les films où on meurt d'un coup de poing», avance devant les juges cet habitué des bagarres. «J'ai vu de nombreux coups, à l'école, devant des boîtes de nuit, et jamais personne ne tombe», assure l'électricien. Ce dernier, qui a passé onze mois en détention préventive, dit revivre en cauchemar la chute de son opposant.

Le «sang chaud»

L'acte d'accusation oscille entre l'homicide par négligence et le meurtre. La Défense est scandalisée. «C'est une honte!, s'est emporté Me Yaël Hayat. On a jamais vu quelqu'un poursuivi ainsi pour un coup de poing.» Elle s'appuie sur deux cas ayant abouti à des acquittements. D'après elle, son client ne pouvait s'attendre à tuer son opposant. Car, tel un scientifique de la baston, «il a pratiqué le coup de poing. Et dans ses expériences, ça ne tue pas».

Pour la procureure, «l'accusé a cherché la bagarre toute sa vie. Il a fini par en trouver une qui l'a dépassée». Gaëlle Van Hove estime que le prévenu a le «sang chaud». Un caractère qui lui a valu plusieurs condamnations en France et d'être aussi jugé lundi pour avoir foncé avec sa voiture sur une femme qui lui avait pris une place de parking. Le Ministère public a requis 4 ans de prison ferme.

Le verdict sera rendu ce mardi.

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