Actualisé 04.03.2010 à 17:57

Fraude fiscale en ItalieFastweb sollicite une mise sous tutelle limitée

Fastweb n'est pas encore fixé sur son sort dans la vaste affaire présumée de fraude fiscale et de blanchiment d'argent.

La filiale de Swisscom a demandé jeudi au juge en charge du dossier de limiter son éventuelle mise sous tutelle.

La compagnie est disposée à accepter la mise sous tutelle judiciaire de sa seule division «wholesale», c'est-à-dire celle consacrée au trafic téléphonique en gros, qui se trouve au centre de cette affaire.

En cédant la gestion de cette seule division à un commissaire indépendant, Fastweb espère ainsi éviter la mise sous tutelle de toutes ses activités, telle que l'a requise le parquet de Rome.

Selon cette proposition, le commissaire indépendant serait chargé de la direction opérationelle et de la surveillance de la division pour une durée limitée de neuf mois. «Nous pensons que cette mesure est suffisante car tous les faits reprochés concernent cette unité, qui est dirigée de façon autonome», a indiqué à l'agence ANSA l'avocat de Fastweb Gildo Ursini.

Court répit

La décision du juge Aldo Morgigni quant à une éventuellle mise sous tutelle devrait tomber dans les prochains jours, a dit à l'ATS une porte-parole de Fastweb. Le juge romain en charge de l'affaire avait accepté mardi la demande de report faite par Fastweb et l'autre société impliquée, Sparkle, filiale de Telecom Italia.

Pour sa part, Telecom Italia Sparkle a indiqué dans un communiqué avoir déjà envisagé de «conférer à un tiers indépendant la tâche, entre autres, de vérifier son système de contrôle interne».

Les deux sociétés sont accusées d'avoir facturé entre 2003 et 2006 environ 2 milliards d'euros (2,9 milliards de francs) de services téléphoniques jamais effectués auprès de sociétés étrangères de complaisance.

Ils auraient fraudé de cette manière le fisc pour un montant de 365 millions d'euros. La justice italienne a émis fin février 56 mandats d'arrêt, notamment contre Silvio Scaglia, fondateur et ancien patron de Fastweb.

Soutien de Swisscom

Le patron de Swisscom Carsten Schloter a réitéré jeudi son soutien au directeur de Fastweb Stefano Parisi. «Sur la base de ce que nous savons aujourd'hui de l'enquête indépendante (lancée par Swisscom), il n'y a aucune raison de retirer la confiance à l'actuel patron» de Fastweb, a-t-il déclaré dans une interview accordée à la «Neue Zürcher Zeitung».

«Par contre, il est clair que des salariés contre lesquels existent des éléments à charge devront être suspendus», a-t-il averti. «Les affirmations, selon lesquelles une enquête est menée sur la direction actuelle pour blanchiment d'argent, sont tout simplement fausses», a ajouté Carsten Schloter.

Le patron estime que Fastweb pourrait se voir reprocher par la justice de ne pas avoir respecté le devoir de diligence et ne se verrait donc pas restituer les 70 millions d'euros de TVA réclamés. Elle pourrait également devoir payer une amende, a-t-il ajouté. Les répercussions sur l'activité de Fastweb ne pourront être établies que dans six à neuf mois, selon le patron de Swisscom.

(ats)

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