Actualisé 26.07.2018 à 13:50

SuisseFaut-il abolir la première classe dans les trains?

La Jeunesse socialiste suisse veut supprimer la première classe estimant qu'elle est antisociale. Les experts ne sont pas d'accord: c'est l'abolir qui le serait.

von
cht/nxp
Les wagons de première classe sont souvent bien moins remplis que ceux de seconde.

Les wagons de première classe sont souvent bien moins remplis que ceux de seconde.

Keystone

La première classe a-t-elle encore sa place dans les trains? Non, estime la Jeunesse socialiste suisse (JUSO) qui a appelé en début de semaine, dans une action entre Fribourg et Berne, à son abolition. «Les voyageurs en première disposent de beaucoup d'espace durant les heures de pointe alors que ceux de seconde classe arrivent à peine à se faufiler dans les wagons», critique le parti.

L'espace n'est clairement pas un privilège qui doit bénéficier seulement aux plus riches, à ceux qui peuvent se le permettre, a estimé lundi Yvan Rime, co-président de la Jeunesse socialiste fribourgeoise sur les ondes de la RTS. «Les transports publics doivent bénéficier à la population en général et au plus grand nombre possible, pas seulement à ceux qui peuvent se le payer».

Les jeunes socialistes veulent au moins que le nombre de sièges correspondent à la répartition des billets et des abonnements. Or ce n'est pas le cas. «La répartition actuelle des sièges est totalement irréaliste», critique Tamara Funiciello, leader de la JUSO. «Un billet de seconde classe ne garantit plus d'avoir une place assise», a-t-elle indiqué dans le Blick lundi. Pour elle, cela montre que les CFF ne planifient pas leurs compartiments selon les besoins des voyageurs actuels. Et donc qu'ils ne remplissent pas correctement leur mandat public.

Cela répond aux besoins de la clientèle

Selon 20 Minuten jeudi, sur un peu plus de 230'000 sièges disponibles des CFF, 22,5% sont de première classe. Mais pour Oli Dischoe, porte-parole des CFF, ces 1ère et 2e classe répondent aux besoins des clients. «Dans certains cas, les compartiments première classe sont même plus remplis que ceux de seconde», avance-t-il. Notamment dans des trajets populaires, comme Zurich-Berne, où de nombreux titulaires d'un abonnement général de 1ère classe sont en déplacement.

Pour l'Association des transports de Zurich (ZVV), qui assure environ la moitié du trafic régional en Suisse, cette part de 1ère classe est de 20%. Pour elle, pas question de la supprimer, voire de la réduire, bien au contraire:« Nous avons des pendulaires qui ne prendraient plus les transports publics s'il n'y avait pas de première classe. Nous perdrions donc des clients si on la supprimait», confie son porte-parole Thomas Kellenberger.

Les passagers de 2e classe perdants

En outre, abolir la première classe n'aurait pas de sens sur le plan financier, estime-t-il: «la ZVV est une entreprise cantonale subventionnée par l'argent des contribuables. Les pendulaires qui voyagent en 1ère contribuent à réduire le déficit.» Selon l'entreprise, tout le système serait même en danger si la première classe était supprimée.

Marco Salvi, directeur de recherche chez Avenir Suisse et professeur d'économie à l'EPFZ est également opposé à l'abolition des compartiments de première classe. Il parle même d'une «idée antisociale» de la part de la JUSO. S'il n'y avait qu'un seul prix, les revenus baisseraient et l'offre serait donc moins grande, explique-t-il. «Les perdants seraient les passagers de 2e classe», conclut-il.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!