Coup de projecteur: Faut-il bingewatcher «Bridgerton»?
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Coup de projecteurFaut-il bingewatcher «Bridgerton»?

Découvrez notre avis sur les dernières nouveautés Netflix qui viennent boucler cette année 2020.

par
Marine Guillain

Il est aisé de perdre le fil de l’actualité streaming fourmillante, et peut-être encore davantage en pleines fêtes de fin d’année. Ces dix derniers jours, Netflix a mis pléthore de nouveautés en ligne.

Une des productions les plus attendues était sans aucun doute «La chronique des Bridgerton» (appelée simplement «Bridgerton» en VO), une série en huit épisodes qui se déroule dans la haute so­ciété britannique des années 1820. Créée par la célèbre Shonda Rhimes («Grey’s Anatomy», «Scandal», «Murder») et basée sur la saga littéraire de Julia Quinn, «Bridgerton» suit Daphne, l’aînée de la famille, qui a atteint l’âge «d’entrer dans le monde» et de se trouver un mari. Débute la saison des mariages. Au fil de bals à n’en plus finir, la jeune femme cherche chaussure à son pied. Pour faire croître sa popularité et attirer les prétendants, elle fait croire que le duc de Hastings, célibataire endurci, la courtise. Mais, oh, surprise! Et si le vrai amour naissait de cette romance fictive? Surprotégée par sa famille, la naïve Daphne – elle ignore tout de la masturbation ou de la façon dont on conçoit un bébé - va peu à peu découvrir de nouvelles réalités.

La reine se distrait comme elle peut au milieu d’une société artificielle.

La reine se distrait comme elle peut au milieu d’une société artificielle.

LIAM DANIEL/NETFLIX

Faussement sulfureux

Annoncée comme sexy, sulfureuse et comparée à «Gossip Girl», «La chronique des Bridgerton» n’est rien de tout ça. Certes, une certaine Lady Whistledown passe à la loupe les petits scandales de la haute société londonienne pour les exposer au grand jour dans une gazette que tout le monde lit. Mais là où Blair et Chuck osaient tout sans scrupule, les personnages de Shonda Rhimes sont bien fades et leurs interprètes manquent de charisme. Ni les costumes opulents ni la maigre enquête pour tenter de démasquer Lady Whistledown ne parviennent à booster une intrigue trop sage. Dommage, car la série qui surfe entre conservatisme et modernité aborde de nombreux sujets dignes d’intérêt: mariages opportunistes, découverte de la sexualité, désir d’émancipation… Le tout en s’appuyant sur une société régie par les hommes, dans laquelle tout est basé sur le paraître et les bonnes manières.

«La Chronique des Bridgerton». De Shonda Rhimes. Avec Phoebe Dynevor, Jonathan Bailey, Ruby Barker. À voir sur Netflix. **

«La Chronique des Bridgerton». De Shonda Rhimes. Avec Phoebe Dynevor, Jonathan Bailey, Ruby Barker. À voir sur Netflix. **

NICK BRIGGS/NETFLIX
Daphne (Phoebe Dynevor) et Simon (Regé-Jean Page) forment le couple phare de cette série

Daphne (Phoebe Dynevor) et Simon (Regé-Jean Page) forment le couple phare de cette série

LIAM DANIEL/NETFLIX

What Else?

Pour Noël, la plateforme a sorti «Minuit dans l’univers», un film de SF de et avec George Clooney. Le quinquagénaire incarne un scientifique isolé dans une base en Arctique. Il est à peu près le seul humain restant sur Terre, le reste de la population ayant été évacué pour échapper à une catastrophe imminente. Augustine (c’est son nom) tente alors d’entrer en contact avec l’équipage d’un vaisseau spatial parti depuis longtemps pour l’empêcher de rentrer sur Terre. Loin du niveau de «Gravity» ou de «Premier contact», «Minuit dans l’univers» n’invente rien, et même son twist ne surprend guère. Trop sentimentaliste et étouffé par une musique pompeuse, il reste néanmoins un divertissement correct. **

Autre sortie, moins attendue mais qui a conquis les internautes: «Sweet Home», une série horrifique et gore sud-coréenne dans la lignée du «Dernier train pour Busan». Alors que de féroces monstres sèment la terreur dans le monde, un ado solitaire et tourmenté devient la meilleure chance de survie de ses voisins. Dotée d’un florilège de personnages intrigants, la visuellement très réussie «Sweet Home» capte l’intérêt dès le premier épisode, et maintient la tension jusqu’au bout. ***

Enfin, l’année se conclut avec l’étrange faux documentaire satyrique «Mort à 2020», imaginé par les créateurs de «Black Mirror». Dans cet OVNI à l’humour grinçant, des personnalités fictives – Hugh Grant (en historien pédant), Samuel L. Jackson (en journaliste blasé) ou Lisa Kudrow (porte-parole «officieuse» de la Maison-Blanche) – reviennent sur les gros événements qui ont marqué l’année. Sortir un film pareil avant même que 2020 s’achève, franchement, il fallait le faire! De Boris Johnson, le «ministre-épouvantail» qui serre les mains des patients à l’hôpital, à la défaite de Donald Trump avec un large focus sur le Covid, «Mort à 2020» trouve le ton décalé à souhait pour aborder les paradoxes et l’absurdité de l’année écoulée. Drôlement caustique, et malheureusement flippant… ***

Que vaut «Soul», le nouveau Pixar?

Sorti le jour de Noël sur Disney+, «Soul» se met au rythme du jazz et part à la rencontre des belles âmes pour nous montrer le chemin vers le bonheur. Pour en savoir plus sur ce nouveau film d’animation et découvrir notre avis, c’est par ici.

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