Actualisé 27.06.2011 à 06:09

Procréation

Faut-il castrer tous les minous?

A l'instar de ce qui se pratique déjà dans d'autres pays d'Europe, de plus en plus de voix s'élèvent en Suisse pour exiger des mesures qui empêchent les chats de se reproduire.

de
rga
Des milliers de chats errants se reproduisent chaque année en suisse. La politique vent s'en mêler en exigeant la castration obligatoire de ces animaux.

Des milliers de chats errants se reproduisent chaque année en suisse. La politique vent s'en mêler en exigeant la castration obligatoire de ces animaux.

Avec une population estimée à 1,4 million de spécimens, le chat est l'animal domestique le plus choyé des Suisses. Cette statistique ne tient pas compte des milliers de chats errants qui peuplent nos villes et nos campagnes. Leur vie n'est pas facile: non seulement ils sont parasités par toute une série de maladies infectieuses souvent mortelles mais ils souffrent aussi de malnutrition et du mépris des hommes.

Castration obligatoire en Autriche et dans des villes allemandes

L'Autriche et 22 villes allemandes appliquent déjà des lois qui exigent la castration obligatoire de tous les jeunes chats. Bremen, la grande ville du nord de l'Allemagne, est le dernier exemple en date. 4000 chats errants y vivent. «Notre refuge pour animaux débordait littéralement de chats errants qu'on nous amenait», se plaint Rainer Gausepohl, du sénat de la ville. Tout chat, mâle ou femelle, avant l'âge de 5 mois, subira dorénavant une intervention médicale pour l'empêcher de procréer.

Chats errants et chats des fermes

En Suisse, Luc Barthassat, le conseiller national PDC genevois, vient de déposer une pétition dans laquelle il exige que tout chat sans propriétaire soit castré. Cette mesure devrait aussi frapper les chats de ferme qui viennent grossir la population des chats errants.

Berne ne bouge pas pour le moment

L'Office vétérinaire fédéral (OVF) ne prévoit pas pour le moment de modifications de la jurisprudence en la matière. Regula Kennel, de cet office, en explique la raison: «Contrôler de telles dispositions serait pratiquement impossible parce que, contrairement aux chiens et aux chevaux, le propriétaire n'est pas obligé de déclarer sa bête aux autorités». Pour Gieri Bolliger, de la fondation «Tier im Recht», cité dans la «NZZ a Sonntag», une intervention chirurgicale toucherait «à la dignité du chat et à son droit à un développement harmonieux de sa sexualité». Ce dernier argument est réfuté par Dennis Turner, comportementaliste à l'Université de Zurich: «L'intervention médicale est prévue avant que l'animal n'ait atteint sa maturité sexuelle. Après la castration, il y a rééquilibrage hormonal. Le chat n'est plus «motivé» pour l'acte sexuel. Dennis Turner est favorable à une castration obligatoire de tous les chats pouvant se promener à l'extérieur de leurs foyers «familiaux».

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