Votations 23 septembre: Faut-il inscrire le vélo dans la Constitution?

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Votations 23 septembreFaut-il inscrire le vélo dans la Constitution?

Les Suisses vont devoir se prononcer le 23 septembre sur la place qu'ils entendent réserver à la petite reine dans notre pays.

par
Christine Talos

Le vélo pourrait décrocher une place dans la Constitution et les pistes cyclables être encouragées sur le même principe que les chemins pédestres. Le texte soumis à votation le 23 septembre donne à Berne les moyens de soutenir un mode de déplacement toujours plus populaire. Les citoyens sont pour l'instant très partagés. Selon un sondage Tamedia publié le 29 août, 50% des personnes interrogées l'approuvent, tandis que 42% le rejettent. Explications.

De quoi s'agit-il?

Les Suisses vont devoir se prononcer sur un contre-projet direct du Conseil fédéral à l'initiative Vélo déposée en 2016 et retirée en mars dernier. Ses auteurs, satisfaits de la mouture fédérale, la soutiennent désormais. L'arrêté Vélopropose une légère adaptation, mais importante, de la Constitution. Les dispositions prévues visent à encourager la création d'un réseau de voies cyclables en Suisse, sous la houlette de la Confédération, mais sans mesures contraignantes pour les cantons et les communes, ce qu'aurait voulu l'initiative au départ.

Concrètement, que va-t-il se passer?

Les pistes pour vélos seront traitées sur un pied d'égalité avec les chemins pédestres qui figurent dans la Constitution depuis plus de 30 ans. Berne se verra confier pour le trafic cycliste les mêmes tâches que pour les sentiers, comme l'élaboration de données pour l'ensemble de la Suisse ou le développement des standards de qualité et de sécurité. La planification, la construction et l'entretien des voies cyclables resteront du ressort des cantons et des communes.

Quels sont les arguments des partisans du texte?

Près de deux tiers des ménages possèdent au moins une bicyclette pour leurs loisirs ou pour se rendre au travail. Et l'essor des vélos électriques a renforcé cette tendance. Mais la Suisse est à la traîne par rapport à d'autres pays en matière de pistes cyclables. Le contre-projet permettra à la Confédération de rattraper son retard. Berne pourra soutenir les pouvoirs publics dans la planification des réseaux de voies cyclables, qui seron alors plus attrayantes et moins chères. Le texte permettra en outre d'augmenter la sécurité de cyclistes, les seuls usagers de la route ayant subi davantage d'accidents depuis l'an 2000. Enfin, le camp du oui estime que l'arrêté Vélo permettra de réduire les émissions de CO2, d'entretenir la forme des Suisses et donc de réduire les coûts de la santé.

Décryptage du contre-projet à l'initiative vélo

Le 23 septembre, le peuple suisse se rendra aux urnes. L'un des objets est un arrêté fédéral, qui veut ancrer les pistes cyclables, au même titre que les sentiers pédestres et ceux de randonnée dans la Constitution. Keystone-ATS vous montre ce qu'il y a derrière, ce que disent les partisans et les opposants, et ce qui changerait en cas d'acceptation.

Quelles conséquences cela aura pour les voitures et les transports publics?

Selon le TCS, qui se préoccupe d'habitude plus des automobilistes que des cyclistes, le développement des pistes cyclables profitera à toute la population, voitures compris. Une séparation des types de mobilité et un report du trafic lent sur le réseau routier secondaire permettra en effet d'améliorer la fluidité du trafic sur les grands axes. Quant aux transports publics, ils pourraient être soulagés eux aussi car près de 80% des trajets en bus et en tram n'excèdent pas 5 kilomètres.

Qui est pour?

Tous les partis, sauf l'UDC, sont en faveur du texte. Celui-ci est aussi appuyé par de nombreuses associations environnementales et écologistes et par les milieux touristiques qui y voient un atout économique, notamment pour les stations de montagne en manque de neige l'hiver.

Qui est contre?

Seule l'UDC est opposée au texte, sans toutefois avoir mis sur pied un comité du «non». Pour le parti, le contreprojet ajoute de nouvelles tâches à la Confédération qui a déjà bien assez à faire comme ça. Il estime qu'il incitera forcément Berne à consentir de nouvelles dépenses. L'UDC rappelle que les pistes cyclables coûtent bien plus cher que les sentiers pédestres, tant pour leur construction que pour leur entretien et que ce n'est pas le moment de rajouter une nouvelle couche de charges financières. En outre, estime le parti, les communes et cantons sont les mieux placés pour connaître les besoins de la population et sont souvent plus économes avec l'argent public.

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