Delémont: Faute de candidat, le Jura recrute au Portugal
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DelémontFaute de candidat, le Jura recrute au Portugal

Le futur vétérinaire officiel du Canton réside à l'étranger. Aucun indigène n'avait la formation requise.

par
Caroline Gebhard

José Cachim devra bientôt s'habituer aux paysages jurassiens. Employé auprès du Service vétérinaire officiel du Portugal, il épaulera la vétérinaire cantonale Anne Ceppi dès le 1er avril. L'engagement du Lusitanien, rendu public jeudi, s'inscrit dans un contexte marqué par la prochaine votation sur l'initiative UDC «Contre l'immigration de masse». Force est pourtant de constater que les candidats ne se sont pas pressés au portillon pour le poste de vétérinaire officiel.

Une première mise au concours a fait chou blanc. A la seconde tentative, seuls trois postulants sur huit étaient Suisses. «Ils n'avaient pas suivi la formation de vétérinaire officiel», relève Anne Ceppi. Dans le Jura, trois praticiens ont suivi ce cursus complémentaire, dont Anne Ceppi et la personne qui occupait, jusqu'à récemment, le poste attribué à José Cachim. «C'est un profil rare qui ne court pas les rues», souligne le conseiller d'Etat Michel Thentz. Le recrutement était d'autant plus pressant que la section du service qu'il rejoindra se compose de deux vétérinaires.

Du côté de l'UDC, on peine à comprendre cette situation, «d'autant moins au sein d'une administration, relève son coordinateur romand Claude-Alain Voiblet. Je trouve, une nouvelle fois, que c'est une dérive de la libre-circulation des personnes! Il y a des choses qui ne fonctionnent plus.» Son parti a d'ores et déjà prévu d'intervenir sur le sujet devant le parlement jurassien.

Cursus peu prisé des praticiens helvétiques

Le Jura ne dispose que d’un vétérinaire officiel employé à l’Etat. Ces praticiens, aussi présents dans d’autres cantons, sont un peu les relais du vétérinaire cantonal sur le terrain. Pour exercer ces tâches, ils doivent avoir suivi un cursus complémentaire dont les dispositions ont été fixées dans une ordonnance fédérale de 2007. «Il s’agit d’une formation et d’une fonction encore assez méconnues chez les jeunes vétérinaires», note Charles Trolliet, ex-président de la Société des vétérinaires suisses. Selon lui, les étudiants ont sans doute d’abord envie d’être des cliniciens avant de devenir des fonctionnaires spécialisés.

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