JO 2014 - Hockey: Faute de leaders, la Suisse sort la tête basse
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JO 2014 - HockeyFaute de leaders, la Suisse sort la tête basse

Les vice-champions du monde sont passés à côté
de leur sujet face à la Lettonie. Ils sont éliminés sans gloire des Jeux olympiques.

par
Robin Carrel
Sotchi

Il y a plusieurs manières de perdre un match de hockey sur glace et celle de mardi est difficilement acceptable. La discipline peut en effet être le théâtre de surprises. Elle ne tolère toutefois pas un investissement insuffisant de la part des stars censées faire la différence dans les moments critiques. Hier, au Palais Bolchoï, les joueurs clés de Sean Simpson ont failli.

Les Helvètes ont logiquement pris la porte du tournoi olympique en pleine figure et ruiné les folles espérances nées de la médaille d'argent décrochée en Suède en 2013. Trop d'attentes? Reto Suri, appelé régulièrement à la rescousse par son coach en raison de la faillite des leaders offensifs, est de cet avis. «Il y avait davantage de pression, c'est certain. A Stockholm, on marquait sur toutes nos occasions, mais les JO, c'est un autre niveau. Depuis notre arrivée ici, le puck ne rentrait pas et le doute s'est gentiment installé.» Selon le meilleur pointeur de Zoug, sa formation «a montré qu'elle était capable de jouer d'égale à égale avec les meilleures du monde, mais elle a couru après la confiance pendant tout le tournoi.»

Jonas Hiller, si bon jusqu'ici, a manqué de vivacité sur le 2-0. Tous les choix de Damien Brunner, aussi bien offensifs que défensifs, ont mis son équipe en difficulté. Les leaders défensifs Mark Streit et Raphael Diaz n'ont, eux, jamais apporté ce que leur statut aurait exigé. Dans ces conditions, il était illusoire d'espérer aller défier le Canada en quart de finale.

Palais de glace Bolchoï: 7912 spectateurs.

Arbitres: Leggo, Ronn (EU/Fin).

Buts: 9e Bartulis 0-1. 12e Darzins (à 5 c. 4) 0-2. 36e Plüss 1-2.

59e Darzins (dans le but vide) 1-3.

Suisse: Hiller; Diaz, Streit; Seger, Vauclair; Weber, Josi; Niederreiter, Martin Plüss, Moser; Brunner, Ambühl, Wick; Romy, Cunti, Bodenmann; Suri, Trachsler, Bieber; Gardner.

Lettonie: Masalskis; Bartulis, Kulda; Rekis, Ozolins; Sotnieks, Pujacs; Daugavins, Girgensons, Karsums; Sprukts, Darzins,

Mikelis Redlihs; Cipulis, Pavlovs, Kenins; Jass, Vasiljevs, Indrasis.

Pénalités: 2 x 2' contre la Suisse; 1 x 2' contre la Lettonie.

Notes: La Suisse sans Hollenstein (blessé), ni Stephan, ni von Gunten (surnuméraires). Berra est gardien remplaçant.

CAUCHEMARDESQUE. Difficile d’imaginer pire entame. Hiller a encaissé son premier but sur un envoi de Bartulis dès la 9e. En power-play, Darzins a doublé la mise 3’ plus tard, profitant d’une ouverture laissée par le gardien d’Anaheim. Les Suisses ont failli subir le coup de grâce, mais

Redlihs (17e) et Daugavins (18e) ont raté le cadre. La troupe de Simpson était prévenue: Masalskis est un grand gardien. Ambühl s’en est encore rendu compte (26e). Plüss a certes réduit le score 10’ plus tard, mais les assauts désordonnés de fin de partie n’ont rien donné. Darzins a scellé le score dans la cage vide.

Les réactions.

Sean Simpson, sélectionneur helvétique: «Mon contrat prend fin après le prochain Mondial, on fera le point à ce moment-là. Si j'ai fait des erreurs pendant ces Jeux? Oui, on a perdu... Si on n'a pas gagné, c'est que j'ai fait des erreurs (agacé). Chaque tournoi, c'est une situation nouvelle. C'est dur à avaler, mais ils avaient un excellent gardien. Ils ont marqué deux fois et après ils défendaient à quatre sur leurs lignes bleues. Et c'est une formation avec des joueurs gros et forts, qui a très bien protégé son but. Je n'ai pas d'explication, à part qu'on a marqué que trois fois. On a pourtant travaillé à la vidéo, mais on n'a pas été assez présents, pas assez tenté notre chance... On oublie tout du passé et du bon hockey que nous avons proposé auparavant contre les Suédois (ndlr: 0-1) et la République tchèque (1-0). Tout ce qui compte, ce soir, c'est qu'on a perdu.»

Ryan Gardner (attaquant de la Suisse): «On n'a pas assez marqué ce soir, comme lors de l'ensemble du tournoi. C'est une défaite difficile à avaler, mais c'est le lot de ces matches à élimination directe: tout est possible. Les changements opérés au début de la 2e période ont permis à l'équipe de mettre plus de pression sur l'adversaire et on a eu plus de chances de marquer. J'ai travaillé dur à l'entraînement pour rester au niveau et j'ai pu me mettre tout de suite dans le rythme quand on a fait appel à moi. J'étais heureux de pouvoir m'exprimer et essayer d'aider l'équipe. Ce n'est pas la faute des joueurs de NHL, nous sommes une équipe. Ils ont été bons, comme nos portiers d'ailleurs. Mais les attaquants doivent marquer et nous ne pouvons pas seulement nous reposer sur notre défense. Entre la différence de taille de glace et le décalage horaire, ça n'a pas été simple pour eux, mais ce n'est pas une excuse. On aurait dû pousser les pucks au fond, d'une façon ou d'une autre.»

chance... On oublie tout du passé et du bon hockey que nous avons proposé auparavant contre les Suédois (ndlr: 0-1) et la République tchèque (1-0). Tout ce qui compte, ce soir, c'est qu'on a perdu.»

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