Consommation – Faute de stocks, Ikea retire 1500 articles des rayons
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ConsommationFaute de stocks, Ikea retire 1500 articles des rayons

L’enseigne est victime des difficultés grandissantes que la pandémie fait peser sur les chaînes d’approvisionnement. La situation est disparate dans le secteur de l’ameublement.

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David Ramseyer/AFP
Le géant suédois du meuble a éliminé provisoirement 14% des produits de son catalogue.

Le géant suédois du meuble a éliminé provisoirement 14% des produits de son catalogue.

TDG

Le temps passé à trottiner dans le dédale des magasins Ikea est désormais plus court. Et pour cause: il y a moins de choix. En France, des médias ont révélé cette semaine que 20% des produits y étaient en rupture de stock. Côté suisse, le géant du meuble confirme des soucis d’approvisionnement depuis des mois, qui le privent temporairement de 14% de son assortiment. Soit environ 1500 produits, de l’armoire au vase.

«Nous préférons retirer des articles de notre catalogue plutôt que faire patienter nos clients pendant des semaines pour les livrer», énonce Dominique Lohm, porte-parole d’Ikea Suisse. A l’origine de cette situation: la pandémie et ses conséquences.

Bateaux à quai, camions au point mort

La fermeture d'importants ports marchands, en Chine particulièrement, a réduit l’approvisionnement en pièces ainsi qu’en matières premières, «un secteur en crise, qui plus est, notamment pour le bois, observe la communicante. La chute d’activité dans le transport maritime a par ailleurs eu un effet domino: elle a aussi causé des difficultés dans le transport terrestre.» Résultat: un coup de frein massif des livraisons.

«Parallèlement, nous avons enregistré une demande historiquement forte durant les périodes de semi-confinement. Plus souvent chez eux, nos clients ont beaucoup commandé de meubles et d’accessoires.» Pour l’heure, le groupe dit ne pas connaître le montant de ses pertes éventuelles.

Prévoir à long terme

Parmi les grandes enseignes spécialisées dans l'ameublement, les situations sont disparates. Pfister assure que la disponibilité de ses produits reste la même. «Nous avons un plan d'achat à long terme et pouvons ainsi amortir les délais d'approvisionnement», précise Alfredo Schilirò, porte-parole de l’entreprise. Face aux difficultés du transport international de marchandises, «nous avons commandé nos produits très tôt, à l'automne 2020».

De son côté, Micasa, filiale de Migros, déclare n’avoir dû retirer que «très peu d’articles». Selon Tristan Cerf, porte-parole du groupe, la gestion des commandes se fait toujours sur le long terme et «très en avance, ce qui permet d’éviter une pénurie de notre assortiment». Le communicant précise également que Migros compte deux bureaux en Asie (en Inde et à Hongkong), de quoi entretenir «des rapports directs avec nos fournisseurs, garants d’une bonne planification».

Transport de marchandises à bout

Les chaînes d’approvisionnement mondiales «commencent à céder», ont alerté plusieurs grandes organisations professionnelles du transport, mercredi à l’assemblée générale de l’ONU. La pandémie de coronavirus a eu des effets multiples. Liaisons aériennes suspendues, ports fermés, restrictions aux frontières et pénurie de main-d’œuvre plombent tous les secteurs du transport, selon leurs représentants. Ceux-ci ont aussi dénoncé «les incohérences des exigences en terme de passage de frontière, de voyage et d’obligation de vaccination». Les organisations professionnelles demandent que les employés du secteur soient prioritaires pour recevoir un vaccin et réclament la création «d’un processus standardisé pour prouver son statut sanitaire».

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