Fédérales 07 - Le statu quo se profile à Fribourg
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Fédérales 07 - Le statu quo se profile à Fribourg

Beaucoup d'appelés, peu d'élus à Fribourg: pas moins de 80 candidats se disputent les sept sièges fribourgeois au Conseil national.

Six sortants entendent rempiler. Trois d'entre eux sont sûrs de leur affaire, les trois autres ont de bonnes chances.

La députation fribourgeoise comprend deux PDC, deux PS, un PLR, un UDC et un PCS. Le siège «libre» est celui des libéraux-radicaux. Leur représentant Jean-Paul Glasson ne se représente pas pour raison de santé.

Deux partis veulent bousculer la donne: le PDC veut récupérer son 3e siège, perdu en 1999. Ses résultats électoraux ne parlent pas en faveur de cette ambition.

Le parti le plus à même de bousculer l'actuelle clé de répartition est l'UDC. Surfant sur sa vague ascendante, il vise un 2e siège au National, mettant en danger plutôt le centre-droit que la gauche.

Gauche unie

Cette dernière avance en rangs serrés dans un apparentement regroupant sept partis. Le PS a le vent en poupe et a progressé aux dernières cantonales. Son allié du PCS est en moins bonne posture. Mais le président de Travail.Suisse Hugo Fasel a bétonné sa position avec un sous-apparentement de centre-gauche qui devrait lui assurer sans trop de mal un 5e mandat fédéral.

Le siège PLR peut sembler menacé mais le PRD a des atouts. D'une part, il dispose avec Jacques Bourgeois, député et directeur de l'Union suisse des paysans, d'un candidat ratissant bien au-delà de son parti dans un canton dont près de 20 % du PIB dépendent du secteur agro-alimentaire.

D'autre part, les crispations autour de l'UDC au Palais fédéral pourraient effaroucher certains à Fribourg. Les élections fédérales de 2003 ont démontré que les querelles à Berne n'étaient pas sans influence. Les radicaux fribourgeois avaient alors fait les frais des bisbilles entre PDC et PLR autour de la composition du Conseil fédéral.

Stabilité

Si l'on regarde les têtes, Thérèse Meyer-Kaelin (PDC), Christian Levrat (PS) et Jean-François Rime (UDC) verront renouveler leur abonnement général pour Berne. Hugo Fasel aussi vraisemblablement. Dominique de Buman (PDC) et Jean-François Steiert (PS) sont dans une situation moins confortable.

Les difficultés de la caisse de pension du personnel de la ville de Fribourg, qu'il a présidée pendant 13 ans, restent un boulet politique pour l'ex-syndic. M. de Buman est en outre mis sous pression par des colistiers qui ne sont de loin pas des candidats alibi.

M. Steiert ne bénéficie pas de la prime au sortant: il ne siège au National que depuis quelques jours. Il y a remplacé feu Liliane Chappuis dont il était un sérieux concurrent pour l'élection 2007. A son tour d'être talonné par un jeune loup du PS, Carl-Alex Ridoré.

Faire la nique à l'UDC

Originaire de Haïti, cet avocat de 35 ans a vite trouvé ses marques au Grand Conseil où il a été brillamment élu en novembre. Il pourrait paradoxalement tirer avantage de la campagne musclée de l'UDC suisse. Les Fribourgeois pourraient avoir envie de faire la nique au parti de Christoph Blocher et envoyer à Berne le premier conseiller national noir de l'histoire de Suisse.

La course aux Etats sera serrée. Elle est disputée par les deux sortants Urs Schwaller (PDC) et Alain Berset (PS) ainsi que par l'ex-conseiller aux Etats Jean-Claude Cornu (PLR) et Jean-François Rime, en lice pour le National et les Etats.

De la revanche dans l'air aux Etats

Le premier sera réélu dans un fauteuil. Le second compte lui aussi parmi les parlementaires romands les mieux cotés. A 31 ans à peine, M. Berset a fait une entrée fracassante à la Chambre haute en 2003, éjectant M. Cornu. Ce dernier brûle de lui rendre la politesse.

Il bénéficie de l'alliance électorale PDC-PLR. Si comme en 2003 M. Schwaller est élu au premier tour, reste à savoir si l'électorat PDC se mobilisera au second tour. En 2003, il ne l'avait pas fait. (ats)

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