Tennis – Masters: Federer: «Novak est toujours favori du tournoi»
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Tennis – MastersFederer: «Novak est toujours favori du tournoi»

Après avoir remporté de main de maître le choc des virtuoses contre Djokovic, mardi soir au Masters, le Bâlois a livré ses impressions.

par
Oliver Dufour
Londres
Face à son rival serbe, le Bâlois estime n'avoir gagné qu'une bataille, par encore la guerre.

Face à son rival serbe, le Bâlois estime n'avoir gagné qu'une bataille, par encore la guerre.

Grâce à une victoire finalement expéditive (7-5 6-2), qui le qualifie directement pour les demi-finales à Londres, Roger Federer s'est mis dans une position très confortable. Il s'est en prime offert une sorte de revanche, après avoir manqué la finale de l'an dernier contre le Serbe, à cause d'une fameuse blessure au dos.

Etes-vous un peu surpris du déroulement de ce match?

Oui, je n'aurais pas imaginé ça avant le tournoi, vous savez, surtout à cause de son excellente série en indoor, de l'année qu'il a connue avec toutes ses victoires consécutives. Je me suis plus focalisé sur le fait de battre Berdych et Nishikori, et de voir ce qui se passerait contre Novak. Mais d'un autre côté, je croyais en mes chances. C'était clair dans ma tête, la façon dont je voulais jouer. J'espérais juste connaître un bon match en retour de service, ce que j'ai eu. Gagner le premier set vous donne la main, ensuite il faut frapper à nouveau aussi vite que possible dans le deuxième et j'ai fait ça. J'étais un peu déçu qu'il ne revienne pas sur moi, comme il l'avait fait à Cincinnati.

Djokovic a dit que vous aviez énormément mélangé vos slices, vos allures et vos profondeurs. Ca faisait partie du plan?

Je crois pas que j'aie varié comme un fou, pour être honnête. Je n'ai pas appliqué de tactiques dingues. C'était assez direct, dans un style avec lequel je l'ai déjà affronté plein de fois par le passé. Mon jeu c'est de mixer, de varier les effets. Son jeu c'est de vous presser jusqu'à l'épuisement. Je crois qu'on a tous les deux joué notre jeu normal. Et l'issue m'a été favorable.

Votre jeu évolue-t-il et se développe-t-il toujours? Ou est-ce surtout votre expérience qui vous maintient au sommet?

Je dirais qu'un joueur ne cesse jamais de travailler son jeu. Malheureusement, nous n'avons pas beaucoup de temps pour l'entraînement. Beaucoup de matches, beaucoup de repos, beaucoup de préparation. Dans un monde parfait, ça serait génial d'avoir plein de mois en plus pour se préparer, parce qu'on pourrait revenir en étant devenu en quelque sorte un tout autre joueur. J'aurais aimé pouvoir faire ça.

Après le match, Djokovic a estimé qu'il vous avait un peu offert la victoire, surtout au deuxième set...

Qu'il me l'avait offerte?

Oui.

Bon, il n'était pas aussi bon que dans le premier set. Mais j'ai le sentiment, avec sa façon de jouer cette saison, qu'il faut quand même pouvoir aller le chercher. Ce n'est pas évident. Ce n'est pas comme s'il avait terriblement mal joué. Je sais qu'il peut mieux faire. Mais pourquoi a-t-il joué ainsi? J'aimerais quand même m'accorder du crédit pour ça, très honnêtement.

Vous vous êtes affrontés tant de fois. Où placez-vous cette victoire que vous jugez surprenante?

Plutôt dans le haut du classement, mais pas tout en haut non plus. Il était le favori au départ. Il y avait moins de pression dans ce match, parce que peu importe que tu gagnes ou que tu perdes, tu tiens ton destin à bout de raquette. Je sais que c'est une grande victoire. Elle pourrait m'aider beaucoup pour ce qui m'attend, ou en tout cas m'apporter confiance avant le prochain match. Pour l'an prochain, aussi. C'est toujours bon de battre Novak, ou l'un des «top players». Mais pour moi il reste le favori du tournoi. Il le sera face à Berdych, puis il devrait se hisser en demi et avec l'année qu'il a eue, il sera favori pour ça aussi. Comme je le connais, il va désormais faire en sorte d'être plus dur à battre.

Ce match, contre Djokovic, c'est un peu la finale qui n'a pas eu lieu en 2014, non?

Oui, j'étais très déçu l'année dernière de renoncer. J'avais une chance de remporter le tournoi et de devoir venir sur le court m'excuser devant tout le monde, c'était le pire des scénarios. Ca m'est juste arrivé quelques fois en carrière. J'étais triste. Presque plus pour les gens que pour moi. C'est vrai que j'y ai pensé. D'autant plus que le trajet était long et difficile pour venir. J'étais coincé dans la voiture pendant deux heures et demie. J'ai cru que j'allais encore devoir rater un match! Non, pour être sérieux, j'avais pris de la marge en partant à 15h en vue du match de 20h.

Votre nouveau look, cette barbe de deux-trois jours, c'est une sorte de porte bonheur?

Non, rien de spécial. J'ai juste décidé d'un peu moins me raser pendant quelques jours. C'est juste mon humeur du moment. On verra quand mes enfants et ma femme me diront: «Arrête avec ça, ça pique!»

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