Syrie/France: Femmes djihadistes: leurs enfants comme bouclier
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Syrie/FranceFemmes djihadistes: leurs enfants comme bouclier

Les Françaises radicalisées vivent avec leurs enfants dans les camps kurdes. Paris voudrait rapatrier ces derniers, mais leurs mères refusent de les laisser partir.

par
dri

Le gouvernement français se bat pour rapatrier les enfants des femmes djihadistes retenues en Syrie. Mais l'enjeu est plus compliqué qu'il n'y paraît, d'autant plus que la majorité des mères refusent de laisser partir leurs petits.

Une équipe de France 2 s'est rendue dans le nord-est de la Syrie en territoire kurde, dans le camp de Roj où une quinzaine de femmes françaises de l'Etat islamique vivent avec leurs enfants. Ils sont âgés de un à cinq ans et grandissent dans l'ombre de Daesh, bien que les autorités kurdes aient mis en place une école mixte qui prône la tolérance et l'ouverture.

Quant aux femmes, celles-ci refusent catégoriquement la proposition visant à ramener leurs enfants en France, sans elles. A l'image d'Emilie König, la djihadiste Bretonne arrêtée en début d'année par les forces kurdes ou de Margaux Dubreuil également radicalisée et arrêtée en octobre 2017. «Si on les laisse partir, après on peut se faire exécuter ou emprisonner à vie en Irak. Ils peuvent nous vendre à n'importe qui. Tant qu'il y a les enfants, ils auront peut-être un peu de miséricorde envers nous», a expliqué cette dernière au micro de France 2.

Avenir incertain

Les enfants comme bouclier ou comme assurance vie pour leur mère, un concept qui dérange et qui pousse les autorités kurdes à appeler à une solution d'urgence. «Il faut que leur pays les récupère maintenant. Il est encore temps de les éduquer et de les empêcher d'être endoctrinés», s'insurge Nora Abdu, la directrice du camp de Roj.

De son côté, la France, qui ne veut pas de ces femmes radicalisées et préfère les laisser aux mains des kurdes, promet qu'elle ne séparera pas les familles de force et continue de chercher des solutions. Mais les procédures sont longues et le sort des quelque 150 enfants français dans les camps syriens reste incertain.

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