Actualisé 19.05.2020 à 23:51

Suisse

Fermées, les boîtes de nuit pourraient rouvrir de jour

Par pragmatisme face à la crise, des cantons acceptent au cas par cas que des discothèques changent provisoirement leur licence.

de
Frédéric Nejad Toulami
Des discos peuvent demander une licence «bar» et une terrasse.

Des discos peuvent demander une licence «bar» et une terrasse.

iStock / Image prétexte

Si les bistrots ont le droit ­d’ouvrir depuis le 11 mai, les directives sanitaires demeurent restrictives pour les boîtes de nuit. Actuellement, aucune date de réouverture possible ne leur a été communiquée. Les patrons de ces clubs n’ont plus de revenus, mais doivent faire face à des charges fixes à payer. C’est pourquoi Zurich, Vaud et Genève ont décidé de se montrer pragmatiques. Dans ces cantons, une disco peut donc faire la demande de changer sa licence pour un statut provisoire d’établissement de jour.


La démarche permet d’ouvrir le bar jusqu’à minuit et même de demander le droit d’avoir une terrasse extérieure à proximité de façon éphémère. Porte-parole du Département vaudois de l’économie, Denis Pittet explique que le droit cantonal permet tout changement de catégorie de licence via une procédure. «Mais pour des modifications mineures, notamment en cas d’absence d’impact sur le voisinage, une dispense d’enquête peut être octroyée par la commune qui gère la mise à l’enquête», précise-t-il.


À Lausanne, deux lieux publics nocturnes ont déjà fait une telle demande. «Nous nous efforçons de faciliter la reprise des activités de tous les établissements avec cette situation hors normes due au Covid-19, en demeurant aussi peu intrusifs que possible au niveau économique», explique Pierre-Antoine Hildbrand, responsable de l’Économie lausannoise.

Inquiétudes

La possibilité pour des clubs d’ouvrir de 6 heures jusqu’à minuit comme des bars? Certains tenanciers de bistrots s’inquiètent de cette concurrence alors que la crise perdure. À Genève, le Service de l’économie étudie les demandes au cas par cas, selon Laurent Terlinchamp, patron des cafetiers, restaurateurs et hôteliers. Même s'il relève ce choix proposé «en cette période toujours compliquée», il observe que peu de patrons d’établissements nocturnes genevois y semblent intéressés, car un horaire en journée ne correspond pas aux habitudes de la majorité de leur clientèle.

«Sauver la vie nocturne et les emplois»
Pour le patron lausannois d’établissements publics Thierry Wegmüller, il faut tenir compte à la fois des aspects sanitaire, social et économique de la situation. «Sans festivals cet été, les gens auront soif de vie nocturne et risquent d’organiser des soirées privées à l’extérieur sans aucun contrôle des directives sanitaires, explique-t-il. D’ailleurs dans les faits, certains groupes le font déjà.» Il estime qu’il vaudrait mieux trouver des conditions-cadres provisoires qui autorisent les clubs à avoir des terrasses extérieures ouvertes au moins jusqu’à 1 heure du matin avec de la musique.

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94 commentaires
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suicide politique

22.05.2020 à 15:38

Le virus est plus ou moins sous contrôle, mais voilà qu'on veut favoriser sa propagation en ouvrant les boîtes de nuit de jour ? L'alcool et la désinhibition feront que les gens seront totalement irresponsables et le virus va faire son retour. Dès lors qui va assumer les conséquences politiques ?

NON et NON

22.05.2020 à 15:37

Ouvrir ces boîtes de nuits, clubs de jour ? Super, ainsi toute la faune, racaille, ivrognes, bagarreurs, les moi-je-m'a-tu-vu saouls pourront emmerder le monde pendant la journée et la soirée ? Ce serait un suicide politique de re ouvrir ces boîtes de nuit par ces temps. Il faut les laisser fermés en tout cas jusqu'en Octobre.

Mer

22.05.2020 à 11:45

Si il n’ya plus de disco c’est en bas de chez vous que les gens feront du bruit malheureusement pensez y. Bonne journée