Actualisé 04.08.2013 à 21:05

Menaces terroristesFermeture des ambassades US prolongée

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche la prolongation jusqu'au 10 août de la fermeture de certaines de leurs ambassades et consulats au Moyen-Orient et en Afrique par mesure de sécurité.

Le Département d'Etat a également annoncé la fermeture d'un petit nombre d'autres missions diplomatiques alors que certaines autres allaient être rouvertes lundi.

Cette décision inhabituelle a été motivée par l'interception de messages émanant de responsables haut placés d'Al-Qaïda, ont déclaré dimanche des responsables et élus américains. Au Yémen notamment, les forces de sécurité étaient en état d'alerte.

«Il y a un flot significatif évoquant des menaces et c'est à cela que nous réagissons», a expliqué sur ABC le général Martin Dempsey, le chef d'état-major américain. Les menaces d'attentats d'Al-Qaïda visent l'ensemble des intérêts occidentaux, a-t-il prévenu, ajoutant qu'elles étaient «plus spécifiques» que ce qu'il avait pu y avoir jusqu'à présent.

La cible exacte n'est pas connue, mais «l'intention est claire. L'idée est d'attaquer les intérêts occidentaux, pas seulement américains», a-t-il déclaré dans l'émission This Week.

La Suisse aussi

Les ambassades américaines dans les monarchies voisines du Golfe, dont l'Arabie saoudite et le Koweït, étaient fermées dimanche, tout comme dans d'autres pays arabes comme l'Algérie ou la Jordanie.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont décidé de fermer leur ambassade à Sanaa pendant au moins deux jours.

La fermeture de l'ambassade de France à Sanaa pourrait durer «plusieurs jours», a dit le président français François Hollande, alors que le Canada a décidé de fermer préventivement dimanche sa représentation diplomatique à Dacca, au Bangladesh.

La Suisse a elle modifié son dispositif de sécurité, a indiqué samedi à l'ats une porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Sonja Isella. Le département n'a toutefois pas voulu préciser si elle fermait des représentations helvétiques dans certains pays.

Et Interpol a lancé samedi une alerte globale de sécurité invitant tous les pays membres à la plus grande vigilance face à la menace d'Al-Qaïda.

Le Yémen sur le qui-vive

Au Yémen, des membres des forces spéciales, en armes et soutenus par des blindés, étaient postés devant les chancelleries fermées des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France et d'Allemagne, ainsi que celles d'autres pays, dont les accès étaient quasiment fermés, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Un drone, probablement américain, survolait la capitale en milieu de journée, ont constaté des habitants.

Le quartier de Hadda, dans le sud de la capitale, où se trouvent plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques dont celles de France, d'Allemagne et d'Arabie saoudite, était quadrillé par des forces spéciales de la Garde présidentielle.

Aux barrages de sécurité mis en place depuis le début de la semaine par les forces de sécurité et l'armée sur les principaux axes routiers de Sanaa, les forces de l'ordre procèdent à des contrôles réguliers, en particulier pour les accès menant aux chancelleries occidentales, encore selon des habitants.

Réunion aux Etats-Unis

Le département d'Etat américain a lui diffusé un avis de prudence à l'attention de tous ses ressortissants dans le monde: des attentats sont possibles «particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», et Washington a aussi insisté sur «la péninsule Arabique».

Une réunion au sommet consacrée aux menaces terroristes d'Al-Qaïda a eu lieu samedi à la Maison Blanche.

«Le président a demandé cette semaine à l'équipe en charge de la sécurité nationale de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger le peuple américain», a indiqué un communiqué de la présidence américaine.

Accusation de complot

Dans un enregistrement audio, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a accusé les Etats-Unis d'avoir «comploté» avec l'armée égyptienne et la minorité chrétienne copte pour faire destituer le président islamiste égyptien Mohamed Morsi début juillet.

Washington mène de nombreuses opérations contre les extrémistes islamistes au Yémen, avec l'accord tacite de Sanaa, toujours confrontée aux violences de groupes armés. (ats)

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