Suisse: Fermeture des centrales: antinucléaires fâchés
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SuisseFermeture des centrales: antinucléaires fâchés

Le contrôle fédéral des finances estime qu'il n'est pas nécessaire d'augmenter de 30% à titre préventif les fonds réservés au démantèlement des centrales.

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cht/nxp
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L'une des plus veilles centrales nucléaires au monde est désormais hors service depuis ce vendredi à 12h30. (Mühleberg, 20 décembre 2019)

L'une des plus veilles centrales nucléaires au monde est désormais hors service depuis ce vendredi à 12h30. (Mühleberg, 20 décembre 2019)

Keystone
La centrale nucléaire de Mühleberg va fermer ses portes le 20 décembre 2019. Soit dans un mois jour pour jour. (Mercredi 20 novembre 2019)

La centrale nucléaire de Mühleberg va fermer ses portes le 20 décembre 2019. Soit dans un mois jour pour jour. (Mercredi 20 novembre 2019)

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Un ancien employé de la centrale nucléaire de Leibstadt, qui a un cancer, a fait appel à la Suva pour être couvert. Mais la Suva a refusé d'entrer en matière, estimant que ce n'était pas lié à ses anciennes fonctions. La justice devra trancher. (Jeudi 28 mars 2019)

Un ancien employé de la centrale nucléaire de Leibstadt, qui a un cancer, a fait appel à la Suva pour être couvert. Mais la Suva a refusé d'entrer en matière, estimant que ce n'était pas lié à ses anciennes fonctions. La justice devra trancher. (Jeudi 28 mars 2019)

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Le démantèlement des centrales nucléaires coûtera cher, très cher: il faudra en effet débourser 24,58 milliards de francs, avait calculé en avril dernier le Département fédéral de l'énergie. Un chiffre revu à la hausse puisqu'ils étaient estimés auparavant à 21,77 milliards en 2016. Et pour payer la facture, deux fonds ont été créés: l'un pour la désaffectation des centrales, l'autre réservé à la gestion des déchets radioactifs.

Ces fonds, surveillés par le Conseil fédéral, doivent être alimentés par les exploitants. Des exploitants qui sont tenus selon la loi de prévoir actuellement un supplément forfaitaire de 30% sur les coûts totaux. Mais cela pourrait changer, car le Contrôle fédéral des finances vient de publier un rapport d'audit sur ces fonds et il estime désormais que ce forfait de 30% est trop élevé.

Il suit donc en partie l'avis de la Commission administrative des deux fonds (Stenfo) qui a proposé fin 2017 de diminuer ces surtaxes qui pèsent sur les charges des exploitants des sites nucléaires. Elle avait proposé d'abaisser à 12,5% la marge concernant l'élimination ds déchets et à 5% celle qui concerne le démantèlement des centrales.

Le CDF estime toutefois qu'ûn supplément reste nécessaire, étant donné que la réalisation des études de coûts comporte des incertitudes de divers ordres. Ainsi, les opportunités et les risques extraordinaires ne sont pas attribués, mais considérés comme des risques financiers de projets, écrit-il jeudi.

La Fondation suisse pour l'énergie déçue

Cette diminution de cette marge de sécurité ne fait pas franchement le bonheur des milieux antinucléaires. Ainsi la Fondation suisse pour l'énergie (SES) regrette dans un communiqué paru jeudi que le Contrôle fédéral des finances suive largement les recommandations des exploitants, «alors que de nombreuses incertitudes subsistent concernant les coûts et le financement des fonds». Ce qui engendre le fort risque, selon elle, que l'énergie nucléaire soit vendue aujourd'hui à un coût trop faible.

«Si cette surtaxe de sécurité est effectivement réduite, cela équivaut à des contributions moins élevées pour les opérateurs», précise la SES. «En fait, cela subventionne l'énergie nucléaire aux dépens des contribuables de demain et cela prolonge la durée de vie des centrales, même si elles ne sont plus rentables aujourd'hui.»

C'est désormais au Conseil fédéral de trancher. Il devrait en effet mettre prochainement en consultation un projet d'ordonnance pour régir les deux fonds.

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