Football: Fernandes: «Tu ne peux pas cracher sur la France

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FootballFernandes: «Tu ne peux pas cracher sur la France

L'ancien Sédunois évoque son parcours de migrant du football et de la vie dans une interview à «L'Equipe».

Gelson Fernandes évolue sous les couleurs de Rennes depuis 2014.

Gelson Fernandes évolue sous les couleurs de Rennes depuis 2014.

photo: Keystone

«Le pays a changé. Il y a plus de méfiance, d'impatience (...). De la révolte parfois», déclare Gelson Fernandes à propos de la France, où il est retourné en 2014 pour porter les couleurs de Rennes (Ligue 1), après un premier passage à St-Etienne en 2009. L'international suisse reste néanmoins reconnaissant envers tous les pays qui l'ont accueilli et dans lesquels il a évolué.

Il n'y a guère plus cosmopolite et polyglotte que l'ancien Sédunois, qui évoque son parcours de migrant du football et de la vie samedi, dans une interview d'une page dans L'Equipe. Il a vu par exemple la France changer, pas forcément dans le bons sens, à le lire: «Les gens sont plus en difficulté, perdent leur travail, sont mutés», observe-t-il, lorsqu'il compare l'évolution des sept dernières années.

«On se sent suisse»

Arrivé en Suisse «avec la trouille» à l'âge de cinq ans, en provenance du Cap-Vert, et ne parlant alors que le créole, il n'a cessé de s'adapter. «Je n'ai grandi quasiment qu'avec des 'segundos' (des Suisses issus de l'immigration, ndlr). Cela nous a rapprochés et, en équipe nationale, on a de plus en plus de joueurs issus de la deuxième et de la troisième générations de l'immigration», rappelle-t-il.

«On se doit d'être respectueux, de ne pas oublier d'où l'on vient et ce que la Confédération helvétique nous a apporté: les conditions de vie, et puis un travail surtout! Entre nous, on en parle, on est reconnaissant. On se sent suisse, et le pays nous montre son affection. On ne se sent pas différents.»

Climat explosif

A travers ses questions et remarques, le journaliste qui interroge Fernandes laisse transparaître une pointe d'admiration pour le joueur, pour l'homme, et pour le regard qu'il porte sur la France: malgré les difficultés, Fernandes essaie d'abord de comprendre l'environnement dans lequel il évolue, quel qu'il soit.

Et il compose avec, lui qui est également passé par l'Angleterre, l'Italie, le Portugal, l'Allemagne... «Quand tu vis en France, tu ne peux pas cracher dessus», souligne-t-il, en réaction au climat explosif qui parfois règne outre-Jura. «J'ai toujours essayé de m'intéresser à ce qui se passait autour de moi, cela a été plus facile pour m'intégrer. Mais j'ai aussi eu plus de peine en Italie et au Portugal...» (nxp/ats)

(NewsXpress)

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