Actualisé 28.04.2017 à 16:44

GenèveFeu dans un centre pour requérants: l'Etat tancé

Le bâtiment où s'est déclaré un incendie qui a fait un mort et 40 blessés en 2014 n'était pas suffisamment sécurisé, dit une expertise. Le Canton conteste ces conclusions.

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Le jeune Tchadien Ayop, dont l'expulsion déchaîne les passions (ici lors de la remise d'une pétition, début mars).

Le jeune Tchadien Ayop, dont l'expulsion déchaîne les passions (ici lors de la remise d'une pétition, début mars).

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30.03.2015 Des dizaines de personnes se sont réunies avec pancartes et banderoles, sous les fenêtres de l'office cantonal de la détention à Genève.

30.03.2015 Des dizaines de personnes se sont réunies avec pancartes et banderoles, sous les fenêtres de l'office cantonal de la détention à Genève.

MaG
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Le rapport est accablant. Deux experts se sont penchés sur le violent incendie du foyer pour demandeurs d'asile des Tattes, à Vernier (GE). En novembre 2014, le bâtiment s'était embrasé, provoquant la panique parmi la centaine de résidents. Quarante personnes avaient été blessées et l'un d'elle était décédée. L'expertise judiciaire que relaie ce vendredi la «Tribune de Genève» met en cause la sécurité du site et pointe la responsabilité de l'Etat, qui gère les lieux via l'Hospice général.

La liste des griefs est longue mais les auteurs du rapport énoncent avant tout un principe de base: l'immeuble, assimilé à une habitation classique, aurait dû être considéré comme une structure d'hébergement. Une distinction administrative qui aurait contraint les autorités à renforcer drastiquement la sécurité incendie du site.

A partir de ce premier constat, les experts dénoncent: le système destiné à rouvrir les portes coupe-feu pour permettre l'évacuation des locataires n'a pas fonctionné, les pompiers n'avaient pas les clés pour accéder à l'ensemble du bâtiment ce qui a empêché leur progression, un dysfonctionnement de l'alarme automatique a été relevé, l'éclairage de secours, mal adapté, a désorienté les résidents lors de leur fuite. La «Tribune» précise que l'un des experts, inspecteur à la police du feu dans le canton de Vaud, a écrit que s'il «avait constaté une telle situation dans son activité, il aurait demandé la fermeture immédiate du bâtiment».

Incendie à Genève

Les auteurs de l'étude seront entendus en mai par le Ministère public. En attendant, le procureur général Olivier Jornot aurait transmis une copie du texte aux autorités concernées. «J'ai bien reçu sa lettre, mais on n'allait pas pouvoir, comme semblait le dire ce message subliminal, évacuer les Tattes du jour au lendemain pour mettre ces résidents dans des abris PC moins dotés en matière de sécurité», réagit le conseiller d'Etat chargé du social, Mauro Poggia, dans les colonnes du quotidien. L'Hospice général ajoute que les exigences en matière de sécurité incendie pour un immeuble d'habitation – statut donné au centre par la police du feu genevoise – sont respectées.

Par ailleurs, plusieurs mesures ont été prises suite au dramatique sinistre: la formation incendie du personnel d'encadrement a été renforcée. La présence d'appareils électriques dans les chambres, tels des réchauds, a également été bannie.

(20 minutes)

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