Bruxelles: Feu vert au sauvetage de TAP Air Portugal

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BruxellesFeu vert au sauvetage de TAP Air Portugal

L’aide du gouvernement devrait se chiffrer à 1,2 milliard d’euros. Elle doit permettre à la TAP, menacée de faillite, de faire face à ses besoins de trésorerie et ouvrir la voie à sa restructuration.

La TAP avait été privatisée à hauteur de 61% en 2015.

La TAP avait été privatisée à hauteur de 61% en 2015.

AFP

La Commission européenne a autorisé mercredi l’Etat portugais à sauver la compagnie aérienne TAP Air Portugal grâce à un prêt pouvant atteindre 1,2 milliard d'euros, qui sera assorti d’un plan de restructuration. Cette aide doit permettre à la TAP de «faire face à ses besoins de trésorerie et ouvrir la voie à sa restructuration afin de garantir sa viabilité à long terme», a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.

«Sans intervention publique, la TAP ferait faillite», a souligné le ministre portugais aux Infrastructures, Pedro Nuno Santos, lors d’une conférence de presse à Lisbonne. Il a précisé que le montant d’un milliard d'euros devrait suffire aux besoins de la compagnie d’ici à la fin de l’année et a appelé la direction de la TAP à présenter «au plus vite» un plan de restructuration qui devra prévoir une recapitalisation de l’entreprise.

Il a également expliqué que les actionnaires privés de la compagnie n’avaient toujours pas donné leur accord aux conditions exigées par l’Etat pour octroyer ce prêt, qui passe notamment par «un contrôle accru de la gestion financière» du transporteur.

Privatisation en 2015

Privatisée à hauteur de 61% en 2015, la TAP a vu l’État portugais remonter en 2016 à 50% du capital. Le consortium privé Atlantic Gateway de l’homme d’affaires américain David Neeleman et de son associé portugais Humberto Pedrosa détient désormais une participation de 45%, et les 5% restants appartiennent aux salariés.

À la mi-avril, le Premier ministre portugais Antonio Costa s’était dit prêt à nationaliser la compagnie si c’était nécessaire pour éviter sa disparition. Il avait alors expliqué que les négociations entre David Neeleman et la compagnie allemande Lufthansa pour lui céder sa part de TAP avaient été interrompues par la crise sanitaire.

Le groupe qui détient la TAP a enregistré en 2019 une perte nette de 105,6 millions d'euros, après un résultat négatif de 118 millions d'euros l’année précédente. Comme le transporteur portugais était déjà en difficulté avant la pandémie de coronavirus qui a donné un coup d’arrêt au secteur aérien, il n’a pas pu bénéficier de l’assouplissement des règles encadrant les aides publiques aux entreprises décidé par Bruxelles après la crise sanitaire.

Quasiment chaque jour, la Commission européenne donne son feu vert à diverses aides d’Etat pour des entreprises de l’UE mises à mal par les conséquences économiques du confinement, l’aérien faisant partie des secteurs les plus touchés.

Mercredi, elle a aussi annoncé qu’elle autorisait le gouvernement finlandais à recapitaliser la compagnie aérienne finlandaise Finnair pour un montant de 286 millions d'euros.

(AFP/NXP)

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