Actualisé 14.03.2017 à 08:11

Royaume UniFeu vert du Parlement au lancement du Brexit

Le Parlement britannique a donné lundi soir son accord final à la loi de déclenchement du Brexit. Theresa May doit s'adresser aux députés mardi.

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Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Keystone
Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

AFP
Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

AFP

Le parlement britannique a approuvé lundi soir la loi autorisant le gouvernement à déclencher le Brexit, quelques heures après l'annonce par la Première ministre écossaise de son intention de demander un nouveau référendum d'indépendance.

La Première ministre britannique Theresa May va s'adresser mardi à la chambre des Communes, un discours très attendu. Theresa May doit, comme c'est la règle, débriefer les élus britanniques sur le dernier sommet européen qui s'est déroulé la semaine dernière à Bruxelles. Mais c'est surtout la plus petite indication qu'elle pourra donner sur la date à laquelle elle entend lancer la procédure de divorce qui sera guettée alors que la date du 31 mars qu'elle s'est fixée comme limite approche à grand pas.

Mystère autour de la date du grand saut

Pendant quelques jours, la rumeur que la dirigeante britannique profiterait de sa déclaration devant les députés pour annoncer le grand saut a bruissé de manière insistante. Toutefois, son porte-parole a refroidi les attentes lundi après-midi en annonçant que Theresa May entendait en fait attendre la fin du mois. Certains tablent désormais que cela n'aura pas lieu avant le 27 mars.

Lundi soir, les députés ont rejeté, par 335 voix contre 287 le premier amendement des Lords visant à protéger les trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Ils ont fait de même pour l'autre amendement qui conférait le dernier mot au parlement sur l'accord final avec Bruxelles, 331 votant contre tandis que 286 votaient en sa faveur.

La chambre des Lords a ensuite pris acte du refus par la chambre des Communes de ses deux amendements et a voté contre les deux modifications en deuxième lecture, entérinant ainsi le texte. «C'est un résultat décevant pour tous ceux qui reconnaissent l'importance vital d'un contrôle parlementaire du Brexit», a réagi la député conservatrice Anna Soubry, opposée au Brexit.

Ecosse au large

Cette approbation intervient quelques heures après l'annonce par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon qu'elle allait demander un nouveau référendum d'indépendance, faisant planer une menace d'éclatement du Royaume-Uni.

Nicola Sturgeon, qui souhaite un référendum fin 2018 ou début 2019, a expliqué qu'elle demanderait la semaine prochaine au parlement écossais l'autorisation de réclamer l'accord du gouvernement britannique pour lancer la procédure.

«J'estime qu'il est important que l'Écosse soit en mesure de décider de son futur (...) avant qu'il ne soit trop tard», a ajouté la cheffe du parti indépendantiste SNP, rappelant que les Écossais avaient majoritairement voté contre le Brexit.

«Facteur de division»

Theresa May a aussitôt rétorqué qu'une nouvelle consultation, après celle de septembre 2014, serait un «facteur de division» et créerait «une énorme incertitude économique au pire moment possible».

«La vision étroite que le SNP a montrée aujourd'hui est très regrettable», a ajouté Theresa May, accusant le parti de Mme Sturgeon de penser davantage à ses intérêts qu'à ceux des Écossais, qui avaient voté contre l'indépendance il y a deux ans.

L'annonce de Nicola Sturgeon, si elle n'est pas une surprise, fait ressurgir le spectre d'une division du Royaume.

Ensuite Bruxelles

A Bruxelles, la Commission européenne a confirmé qu'une Ecosse indépendante devrait poser sa candidature pour intégrer l'Union européenne.

Une fois activé l'article 50 du Traité de Lisbonne, les dirigeants des 27 autres Etats membres pourraient se réunir le 6 avril pour un sommet visant à définir des «lignes directrices» des négociations à venir. Les Européens chercheront à faire corps, face à des Britanniques susceptibles d'exploiter les divisions au sein du bloc.

Parmi les sujets brûlants, outre l'avenir de l'Écosse, figurera notamment la facture de la sortie de l'UE : Bruxelles pourrait exiger des Britanniques jusqu'à 60 milliards d'euros, un montant correspondant aux engagements déjà pris par Londres en termes de contribution au budget européen.

Le sort des Européens installés outre-Manche devra aussi être tranché : Theresa May refuse pour l'heure de garantir leurs droits avant d'avoir obtenu des assurances similaires pour les 1,2 million de Britanniques vivant dans l'UE.

Les négociations sont censées durer deux ans. Elles démarreront au moment même où l'UE célébrera le 60e anniversaire du Traité de Rome, censé marquer une nouvelle étape dans la construction européenne.

(NewsXpress)

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