Actualisé 06.05.2016 à 16:02

Romain Caillet«Fiché S», le spécialiste du jihad écarté de «BFMTV»

La chaîne a décidé de ne «plus faire intervenir» son consultant ès jihadisme Romain Caillet après des informations révélant qu'il était fiché par les services antiterroristes pour un passé pro-jihad.

«Depuis fin mars 2016, Romain Caillet est intervenu à quelques reprises sur BFMTV en tant que consultant extérieur sur les questions de jihadisme» pour ses «compétences reconnues sur le sujet», mais il «n'a pas jugé utile de préciser à la chaîne un certain nombre d'éléments importants de son passé, liés directement aux questions qu'il devait évoquer à l'antenne», indique BMTV dans un communiqué. «BFMTV le regrette. Dans ces conditions, Romain Caillet ne peut pas poursuivre son travail de consultant extérieur sur BFMTV», conclut la chaîne.

Contacté par l'AFP, Romain Caillet n'était pas immédiatement joignable pour commenter ces informations. Le magazine TeleObs de cette semaine a révélé que dans les années 2000, Romain Caillet, converti à l'islam, avait séjourné en Egypte où il intervenait sur les forums islamistes en faveur du jihad et fréquentait les milieux extrémistes. Il côtoyait notamment les frères Clain, dont l'aîné, Fabien, vétéran du jihadisme français, est la voix du message revendiquant les attentats du 13 novembre au nom du groupe État islamique. Mis en garde à vue à la Sous-Direction antiterroriste en janvier 2008, il a renié ses convictions passées, au cours d'un interrogatoire dont TéléObs s'est procuré le PV.

Il a renié son passé

«Sur le jihad, je ne suis plus d'accord avec les Clain» racontait-il aux policiers. «Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le jihad parce que je m'oppose au fait d'entraîner des jeunes pour se sacrifier sans avoir acquis au préalable les bases de l'islam. J'espère ne pas avoir été la cause d'enrôlement de jeunes au jihad. J'ai essayé de réparer mes erreurs en postant des repentirs publics» sur internet. De ce passé controversé, Romain Caillet a hérité d'une fiche «S» à son nom, toujours active dans les services antiterroristes aujourd'hui, selon TéléObs. Contacté, le ministère de l'Intérieur n'a ni confirmé ni infirmé cette information. «Je savais qu'il y en avait une, mais je ne savais pas qu'elle existait encore», a commenté Romain Caillet au Parisien.fr.

«J'ai vécu dans le 8ème arrondissement du Caire, à Nasr City, qui était comme un village où tout le monde se connaissait. J'ai croisé Jean-Michel Clain, mais beaucoup moins Fabien. J'ai un ami depuis 20 ans qui était en effet proche des deux frères», a confirmé le chercheur, contacté par Le Figaro. Considéré comme un des meilleurs experts sur le sujet, Romain Caillet est régulièrement sollicité par les médias sur l'Etat islamique et les milieux salafistes. Quelque 10 500 personnes font l'objet en France d'une «fiche S» pour leur appartenance ou lien avec la mouvance islamique, mais «tous ne sont pas des terroristes» ni suivis d'extrêmement près par le renseignement, selon le gouvernement. (afp)

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