Actualisé 19.06.2019 à 22:15

Genève

Fientes et cadavres de pigeons: elle vit un enfer

Une Onésienne se plaint du balcon souillé de son voisin décédé. La loi empêche la gérance d'agir.

de
Léonard Boissonnas
Un pigeon mort est resté plusieurs jours sur le balcon.

Un pigeon mort est resté plusieurs jours sur le balcon.

DR

«Je n'accepte pas d'avoir des cadavres de pigeons à côté de chez moi!» Cette habitante d'une résidence de seniors, située à l'avenue du Bois-de-la-Chapelle, à Onex, est à bout. Depuis le décès il y a quelques semaines de son voisin, le balcon de ce dernier est squatté par des pigeons, qui y laissent leurs déjections.

L'aînée a même aperçu deux volatiles morts. Bien que ceux-ci aient disparu, salissures et odeurs restent. «Mon balcon est une pièce pour moi quand il fait beau, explique-t-elle. J'aime inviter des amis, mais là ce n'est pas possible.» Elle a prévenu la réception ou la régie, mais rien n'a été fait, déplore-t-elle.

La Fondation René et Kate Block, qui s'occupe des lieux, indique être liée par le droit, qui empêche d'accéder au logement d'un défunt tant que les héritiers n'ont pas réglé la succession. «Tant qu'ils n'ont pas donné leur retour et résilié le bail, on ne peut pas entrer dans un domicile, indique Sébastien Nicollet, président de la fondation. C'est d'autant plus compliqué avec plusieurs héritiers. Dans 99% des cas, ça se passe très bien, mais parfois ça peut poser problème.»

Héritiers contactés

Quant aux pigeons morts, il ne sait comment leur corps a disparu. Ni la régie ni le concierge ni la gérante ne les ont enlevés. «Peut-être ont-ils été mangés par des charognards ou un voisin est-il intervenu de son balcon», esquisse Sébastien Nicollet.

Toutefois, vu la gêne pour de nombreux locataires, les odeurs et une possible canicule, la fondation a contacté mercredi les héritiers, afin de pouvoir nettoyer le balcon vendredi, en leur présence ou celle de la police.

Risque quasi nul

La principale maladie dans la transmission pigeons-hommes est la chlamydiose, indique le Service vétérinaire cantonal. Les symptômes chez l'humain sont grippaux. Elle se transmet par inhalation de poussières de déjections d'oiseaux infectés. Il faut donc un contact proche et continu entre l'homme et l'animal. Il existe d'autres maladies, comme la salmonellose, mais la probabilité que le pigeon «urbain» soit source de contamination reste très faible. Avec des mesures standards d'hygiène, le risque est quasi nul.

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